Notre guerrier, d'un oeil encore indécis, suivait cette lutte céleste à travers une ouverture de sa tente.

Tout à coup, une vision terrible, fantastique, diabolique, le glace de terreur.

Là, près de lui, un monstre affreux, aux attaches formidables, le regarde d'un air menaçant. Deux bras, armés de lances aiguës, s'agitent en cadence. D'innombrables antennes remuent en frissonnant. Une longue queue, recourbée en cercle et armée d'un épieu arqué, décrit des signes cabalistiques dans le rayon lumineux.

Dans son ensemble, le monstre apparaît avec une prestance à faire pâlir le plus mythologique des dragons antiques. La lune, luttant toujours contre la nue, estompe sa lumière et varie les formes de la vision dont elle grandit les ombres.

La terreur, chez notre soldat, empêche les fonctions du mouvement.

D'un regard fasciné, il étudie les gestes de son imposant visiteur.

Enfin, une violente secousse nerveuse l'arrache de sa torpeur, et il peut approfondir le mystère.

Un scorpion, un misérable, un infime, un odieux scorpion prenait ses ébats sur le sac du troupier, tout près de son visage.

La proximité de la taille encombrante du reptile en avait grossi les proportions dans le rayon visuel de notre héros, réveillé brusquement.

Là était le mystère, et c'était le 14 juillet.