Tantôt, sur une motte de terre, son gros corps luisant se tourne et agite convulsivement ses pattes dans le vide, tantôt, échoué dans un bas-fond, il nécessite les plus grands efforts pour l'en retirer.

Il serait oiseux de suivre cet insecte dans son triste pèlerinage. Il ne me reste plus qu'à raconter les événements de la fin.

Parvenues à domicile, les fourmis lâchent prise et hésitent un instant. Leur proie, offrant une trop grande surface, ne pourra être introduite chez elles.

Les discussions se poursuivent, et l'on paraît vouloir lentement s'acheminer vers une décision.

Enfin, les dernières objections levées, les plus fortes se montrent, et le morcellement commence.

On en veut surtout aux pattes, car le souvenir des camarades, qui gisent sur le champ de bataille, aiguise leur haine. Ces terribles pattes ont porté les coups.

On saisit l'avant-train, et bientôt un membre, cédant à des efforts réitérés, reste entre les serres d'une des travailleuses.

A ce moment, une chose terrible se passe.

Réveillé de sa torpeur, le cafard bondit sous la douleur et fait face, une dernière fois, à l'armée entière de ses assaillantes.

Ses défenses de front se redressent, s'aiguisent sur son museau bruni et défient au combat. Son corps entier frissonne et se cambre fièrement sur ses pattes.