Malgré l'horreur instinctive qui m'éloigne de tout combat, je suis forcé, par la fatalité, de toujours être témoin ou acteur dans des luttes quelconques.
C'est ainsi que, comme spectateur impuissant, je fus contraint d'assister au violent conflit dont ma tente était le théâtre. En général, tous mes bibelots semblaient être la proie d'une ivresse fantasmagorique.
C'était un fouillis incomparable, un carnage indescriptible.
Courant, sautant, voltigeant en tous sens, les occupants de ma demeure s'entre-croisaient, se heurtaient les uns aux autres, reculaient, se dégageaient de la foule, piquaient une charge à droite, dégringolaient à gauche, se roulaient ensemble en une boule serrée, s'éparpillaient en gerbe qui éclate, se fusionnaient de nouveau, recommençant sans trêve ni relâche.
Point central de cette activité insensée, mes esprits essayent d'analyser les sentiments et les causes qui agissent ainsi sur cette multitude en délire.
Peu à peu la lumière se fait dans mon âme, et bientôt de cette cohue se détachent, clairs et nets, deux partis ennemis armés d'une rage sans pareille.
D'un côté, commandés par ma capote, se range ma ma tunique flanquée de deux pantalons.
En face, mon cahier d'ordinaire et deux Figaro, avec polémique
Zola-Wolff, se serrent en bon ordre: l'Univers les commande.
Ils se heurtent, tous tremble, et je frémis.
Le résultat est indécis.