Trois France, une boussole, un crayon prolongent la ligne, sur la droite des Figaro. l'Univers jette un regard sur l'ensemble, se signe et fait une muette prière.
La capote, l'oeil ouvert sur l'ennemi, réclame du renfort. Trois chaussettes russes, un soulier gauche tout neuf et une guêtre en cuir répondent à l'appel.
Le carnage devient affreux.
Mon cahier d'ordinaire est mis hors combat, et l'Univers, qui a refait sa muette prière tombe mortellement blessé.
La victoire est à ma capote.
Le coeur ulcéré de douleur, j'allais intervenir, quand, stupéfié, j'aperçois dans l'ombre la réserve des deux camps s'avancer en bon ordre.
Ma gamelle, ayant pris fait et cause pour la partie intellectuelle des combattants, marche au secours des Figaro restés seuls sur la brèche. Elle est suivie par mon quart, mon sabre, un godillot droit et deux bougies.
La capote pâlit et fait un appel suprême à mon sac, ma musette et mon bidon. Ceux-ci entrent en lice, et le choc des deux camps est terrifiant.
Jupiter, paraît-il en fut ému. L'Olympe même, d'après les racontars, en ressentit une violente secousse.
Longtemps, longtemps, la victoire est incertaine, et je ne sais vraiment à qui Mars aurait pu donner la palme, si des événements beaucoup plus graves n'étaient survenus.