Enfin on rencontre aussi dans la province le cuivre, l'étain, le zinc, le soufre, le borax, la potasse, l'alun, le salpêtre.
VI.—La principale industrie est celle du coton, à Tchang-Te-Fou, où elle est encore très florissante, alors que, dans la partie orientale de la province, elle est au contraire en décadence par suite de la concurrence des tissus étrangers. On tisse également la ramie; on fabrique aussi du papier, des baguettes d'encens, des pétards, de la porcelaine et de la poterie communes, des cordages de bambous, des marmites, des pots d'étain, de l'eau-de-vie, des articles en laque commune. Toutes ces entreprises, bien entendu, sont du type familial, et la seule industrie européenne est celle où on fond le minerai d'antimoine; il a été question de créer à Tchang-Cha une rizerie à vapeur. Mais ce n'est qu'un projet.
A la voile dans les gorges (Haut Yangtseu).
VII.—Les trois rivières Siang, Sou et Yuen sont, avec le lac Tong-Ting et le Yangtseu, les principales voies suivies par le commerce. Nous retrouvons, dans cette province, la grande route de Pékin à Canton qui passe déjà au Houpe pour ensuite se diriger vers le Hounan. Fluviale ici, sur la plus grande partie de son parcours, elle suit le Siang par Tchang-Cha, Siang-Tan, Heng-Tcheou, puis son affluent le Li-Chouei jusqu'à Tcheu-Tcheou-Chien, terminus de la navigation. Elle franchit ensuite les monts Nan-Ling par la passe de Che-Ling et pénètre au Kouang-Tong pour gagner la capitale de cette province par la rivière du nord (Pékiang). Cette route avait une importance commerciale de premier ordre et était suivie par une quantité considérable de marchandises avant l'ouverture des ports du Yangtseu aux Européens et l'introduction de la marine à vapeur; elle est aujourd'hui beaucoup moins fréquentée, le gros du trafic ayant été détourné sur la voie maritime.
Une autre route très importante est celle de Tchang-Te-Fou au Kouei-Tcheou; elle suit la rivière Yuan et atteint Tchang-Yuen; un embranchement passe par Ma-Yang et paraît être encore plus fréquenté. Ma-Yang est un des plus gros marchés de l'ouest du Hounan.
La rivière Siang est navigable jusqu'à Tchang-Cha pour les vapeurs dont le tirant d'eau est de 1 m. 25 à 2 mètres pendant environ huit mois de l'année; ces mêmes vapeurs peuvent souvent atteindre Siang-Tan, dont l'accès est un peu plus difficile. Au-dessus de cette ville, la rivière n'est navigable que pour les jonques, puis pour les sampans seulement. Près de sa source un canal la relie au Fou-Ho, affluent du Si-Kiang dans le Kouang-Si.
La rivière Tse, ainsi que je l'ai déjà dit, n'est qu'une suite de rapides et ne peut être considérée comme pouvant être ni devenir une voie commerciale; quant à la Yuen elle serait navigable pour des vapeurs de faible tonnage jusqu'à Tchang-Te-Fou. La Compagnie Butterfield and Swire avait tenté d'y envoyer un bateau, mais l'embouchure de la rivière dans le lac Tong-Ting est obstruée par des roseaux et des bancs de boue. Pour pénétrer dans cette rivière, les jonques elles-mêmes font un détour et passent par des canaux qui, au sud du lac, la relient à la Tse. Au-dessous de Tchang-Te-Fou, les jonques ne doivent pas caler plus de deux pieds et, à partir de Hong-Kiang, la rivière n'est accessible qu'aux sampans.
VIII.—Les deux villes ouvertes au commerce étranger dans la province du Hounan sont: d'abord le port de Yo-Tcheou (Yochow) qui a une population d'environ 20.000 habitants et se trouve précisément à l'embouchure du lac Tong-Ting dans le Yangtseu. Le commerce du Hounan passe à peu près en entier par cette voie, mais n'ajoute rien à la prospérité de la ville qui est la porte principale de la province et rien d'autre. En 1906, les Japonais avaient essayé de faire ouvrir au commerce la ville de Tchang-Te-Fou qu'ils considèrent comme le centre commercial de la province, mais les choses en sont restées là. L'ouverture de Tchang-Cha-Fou a, du reste, contribué beaucoup à l'effacement de Yo-Tcheou qui ne sera jamais un marché important. Les transactions commerciales, presque toutes chinoises, figurent au relevé des douanes pour la somme de 1.500.000 à 2.000.000 de taels; quant aux importations européennes directes, elles ne sont que de 350.000 à 400.000 taels environ.
IX.—Tchang-Cha (la longue plaine de sables), ville capitale de la province du Hounan, est située sur la rivière Siang à 120 milles de Yo-Tcheou; elle devint ville ouverte en 1903. La douane chinoise y fut installée en 1904, le 1er juillet. La contrée, aux environs, est montagneuse, sauf du côté nord où s'étend une longue plaine d'où la ville tire sans doute son nom. La rivière sur laquelle se trouve la ville ne peut être remontée en vapeur que l'été; car l'hiver les eaux sont trop basses pour aller jusqu'à Tchang-Cha. La ville elle-même contient plusieurs édifices remarquables et les rues sont pavées suivant le goût chinois; elles offrent cependant plus de confort et de propreté qu'ailleurs.