Le coton brut doux, égrené et non égrené, la matière première, en un mot, tend à une augmentation continue comme importation ; c’est évidemment un signe de l’activité des filatures japonaises.
Quant aux autres produits, en coton fabriqué, le Japon en importe bien moins que jadis, puisqu’il fabrique lui-même. Toutefois il achète encore des filés, du coutil, de la toile, de la toile imprimée, des satins, des velours, des shirtings gris, des shirtings croisés et de la toile à parapluie. C’est l’Angleterre qui fournit presque exclusivement ce dernier article.
Les lainages, laines brutes, filés, drap d’Italie, mousselines de laines, draps, drap mélangé de coton, couvertures, sont importés pour une somme totale de 20.000.000 de yen environ. L’Angleterre, l’Australie et l’Allemagne sont les principaux importateurs. La France a eu pendant longtemps le monopole pour l’importation des mousselines de laine ; elle en importait encore pour 1.235.000 yen en 1901 ; 2.315.000 yen en 1903 ; 1.175.000 yen en 1905 ; mais le chiffre est tombé à 478.000 yen en 1907. La concurrence de l’Allemagne, et surtout de la Suisse, est pour beaucoup dans cette décadence de notre commerce de mousselines ; mais il faut également accuser l’indolence de nos fabricants qui, jamais, n’envoient de voyageurs sérieux étudier sur place les goûts du client et les changements à apporter à leurs produits.
Riz. — Malgré les belles années de récolte qu’il réalise généralement, le Japon importe du riz. Cela tient à ce que les Japonais, sachant leur riz très supérieur, le conservent, pour le vendre à l’exportation, lorsque les prix sont élevés, et mangent, eux-mêmes, les riz moins beaux des tropiques : c’est ainsi que l’Inde envoie au Japon de 13.000.000 à 15.000.000 de yen de riz (venant en presque totalité de Rangoon, Birmanie) ; l’Indo-Chine française pour une somme à peu près égale, et le Siam pour 5.000.000 de yen environ.
Sucre. — Il est importé par les Indes néerlandaises 16 à 17.000.000 de yen (1907 = 16.691.000 yen) ; la Chine : 500.000 yen ; les Philippines : 1.000.000 de yen (1907 = 1.218.000 yen). Ce qui précède est le sucre brut ; quant au sucre raffiné il vient :
De la Russie, environ 2.000.000 de yen.
De Hongkong, 1.500.000 yen.
D’Allemagne, 1.000.000 de yen.
D’Autriche-Hongrie, 1.000.000 de yen.
Métaux. — La métallurgie a encore beaucoup à espérer comme importation au Japon ; les mines japonaises sont encore très insuffisamment exploitées, et les capitaux manquent pour installer la grande industrie métallurgique comme en Europe ; le Japon exécute il est vrai, actuellement, à la fonderie de Wakamatsu et à l’arsenal de Kure, du matériel de guerre et des projectiles ; mais il est encore tributaire de l’Europe et de l’Amérique pour les métaux travaillés.