Le Kôchi Kaidô relie Osaka à Kôchi (35.000 habitants) ; longueur 89 lieues.
Le Kôshû Kaidô, route impériale très fréquentée et généralement en très mauvais état, réunit Tokio à Kofu, sur une longueur de 35 lieues.
Route d’Utsunomiya à Nikkô.
Le Nagasaki Kaido, route impériale, part de Kokura pour rejoindre Nagasaki, sur une longueur de 63 lieues ; elle passe à travers un pays merveilleux très accidenté.
Les deux routes impériales de Tokio à Niigata sont nommées Niigata Kaidô ; l’une passant par Shimidzu, avec une longueur de 88 lieues ; l’autre par Nagano (Zenkôji) avec une longueur de 112 lieues.
Telles sont les principales grandes routes du Japon praticables à pied et à cheval, mais absolument impraticables, dans certaines contrées de leur parcours, aux voitures et automobiles. Parfois, sur une certaine longueur, dans le voisinage d’une grande ville, la route fait bon effet et a quelque ressemblance avec une belle route de France, mais il ne faut pas aller trop loin pour tomber dans les ornières et les fondrières. Le système actuel des routes et leur répartition dans l’Empire ne serait pas mal établi, s’il s’agissait de routes et non, comme la plupart du temps, de sentiers tantôt larges, tantôt étroits.
II. — Le soin que les Japonais ont négligé de donner à leur réseau routier, ils l’ont consacré tout entier à leur réseau ferré. Actuellement le Japon est couvert de chemins de fer ; le Japonais voyage beaucoup, il se déplace très facilement.
Ce fut dès 1869, tout de suite après la restauration impériale, que le Gouvernement décida de se mettre à l’œuvre afin de doter le Japon de voies ferrées, et il chargea le département des Affaires civiles et financières (aujourd’hui supprimé) de préparer des projets. En 1872 le premier tronçon fut construit entre Tokio (Shimbashi) et Yokohama ; presque aussitôt après on relia Kobé à Osaka et Kiôtô par une autre ligne. Les voies japonaises sont de un mètre d’écartement.
Pendant de longues années, les deux tronçons Tokio-Yokohama et Kobé-Kioto furent les seules voies ferrées existant au Japon ; lorsque, en 1881, la Compagnie des chemins de fer du Japon (Nippon Tetsudô Kaisha) obtint l’autorisation de commencer la ligne Tokio-Aomori. C’était, à cette époque, une entreprise qui ne manquait pas d’audace ; car il était difficile de trouver des ouvriers, les travailleurs ordinaires n’étant pas encore expérimentés en ce genre de travaux ; de plus, la longueur de la ligne nécessitait une mise de fonds importante. Malgré toutes les difficultés, le Gouvernement ayant décidé de garantir l’emprunt et de donner toute latitude à la Compagnie, les travaux furent commencés en 1882 entre Tokio et Mayebashi, et, en 1883, la section Tokio (Uyeno)-Kumagaye fut livrée au trafic. Ce fut comme un coup d’éperon ; l’émulation s’ensuivit et les Compagnies privées de chemins de fer, en concurrence avec l’État, se mirent à établir partout des lignes, avec une hâte fébrile. Dans toutes les provinces se créèrent des sociétés pour la construction et l’exploitation des voies ferrées, parfois à peine longues de quelques kilomètres.