Dès 1903, il existait 1.226 milles de lignes appartenant à l’État et 3.010 milles appartenant à des sociétés privées. Parmi ces dernières, la Compagnie des chemins de fer japonais possédait 857 milles ; la Compagnie des chemins de fer de Kiushu 416 milles et la Compagnie des chemins de fer du San yô (Kobe-Yamaguchi), 334 milles.
Afin du reste que le lecteur puisse se rendre compte de la rapidité avec laquelle les lignes de chemins de fer se développèrent au Japon, voici un tableau explicatif :
| ANNÉES Au 31 décembre. | Chemins de l’État. (En milles anglais). | Chemins des Compagnies. |
| 1872 | 18 | — |
| 1877 | 65 | — |
| 1882 | 170 | — |
| 1887 | 300 | 293 |
| 1892 | 550 | 1.320 |
| 1893 | 557 | 1.381 |
| 1894 | 580 | 1.537 |
| 1895 | 593 | 1.697 |
| 1896 | 631 | 1.875 |
| 1897 | 661 | 2.287 |
| 1898 | 768 | 2.652 |
| 1899 | 832 | 2.806 |
| 1900 | 949 | 2.905 |
| 1901 | 1.059 | 2.966 |
| 1902 | 1.226 | 3.010 |
J’ai déjà indiqué que les chemins de fer sont construits sur le gabarit de 1 mètre ; les wagons sont assez confortables pour des Japonais, mais les sleeping-cars, par exemple, sont tout à fait inutilisables pour un Européen d’une taille raisonnable. D’ailleurs, en Asie, les seuls wagons pratiques et confortables sont ceux de l’Inde britannique ; je passe sous silence ceux du Tonkin où il n’existe rien de commode pour passer la nuit.
Le stock de machines et de wagons peut s’élever aujourd’hui à 1.500 locomotives, 5.000 wagons à voyageurs et 21.000 wagons à marchandises.
Suivant les relevés de mars 1903, le capital souscrit pour les travaux de chemins de fer, s’élevait à 520.830.963 yen. Dans cette somme la part de l’État figurait pour 247.655.963 yen, et la part des Compagnies privées pour 273.175.000 yen. Mais ces sommes ne représentent pas le capital versé ; elles représentent le capital nominal. Le capital versé fin 1903 peut se figurer ainsi :
Chemins de l’État, 144.395.060 yen.
Chemins des Compagnies, 231.808.970 yen.
En janvier 1905, lors de l’arrivée au pouvoir du cabinet Saionji, le Gouvernement, après une délibération très longue et très mûrie, apporta aux Chambres un projet de rachat de toutes les lignes de chemins de fer par l’État. Présenté à la Chambre des Représentants le 3 mars, le projet fut adopté le 16 du même mois à une très grande majorité. A la Chambre des Pairs le nombre des Compagnies à racheter d’abord fut réduit de 32 à 17, mais en somme les deux Chambres votèrent la loi de rachat de tous les chemins de fer, la nationalisation des voies ferrée de l’Empire. Immédiatement, un bureau spécial, chargé d’opérer le rachat et de préparer d’abord les conditions dans lesquelles le rachat devait être fait, fut créé par ordonnance impériale No 117, en date du 23 mai 1906, en principe les 17 compagnies à racheter devaient l’être en 10 ans ; mais ce long délai a semblé devoir ralentir l’essor dans la construction et le développement des voies ferrées, et occasionner de grandes pertes financières. Le Gouvernement décida donc de racheter le plus rapidement et dans le plus bref délai possible ; et le 21 juillet 1906 les lignes suivantes furent désignées pour un premier rachat :
- Ligne des charbonneries du Yézo, 1er octobre 1906.
- — de Kôbu, 1er octobre 1906.
- — de Nippon, 1er novembre 1906.
- — de Gan yetsu, 1er novembre 1906.
- — de San yô, 1er décembre 1906.
- — de Nishinari, 1er décembre 1906.