Mines d’étain : Taniyama à Satsuma.

De toutes les mines productrices de métaux existant au Japon, les mines de cuivre sont les plus riches, et on en découvre assez souvent de nouvelles ; le cuivre japonais est, paraît-il, spécial en ce sens qu’il renferme plus ou moins d’or et d’argent.

Les principales mines, autres que les mines productrices de métaux, sont celles de charbon et de pétrole. Le charbon japonais est généralement bitumineux ; les principales veines se trouvent dans le terrain tertiaire. Cependant quelques anthracites sont extraits des terrains secondaires dans les provinces de Nagato, Kii et Higo, mais ils sont insignifiants comme quantité et comme valeur. C’est dans les couches récentes du terrain tertiaire que se montrent les riches dépôts de charbon. Les principaux sont : ceux de l’île de Kiushu et de l’île de Yezo et aussi ceux des provinces de Hitachi et d’Iwaki. Les dépôts carbonifères de Kiushu comprennent les provinces de Chikuzen et Buzen, Chikugo (Miike) et Hizen.

IV. — Hokkaido (île de Yezo). Les mines de charbon de Sorachi furent les premières découvertes dans le bassin de l’Ishikari. Dans les mémoires de Matsura qui fit une exploration complète du Hokkaido, et des autres régions du Nord du Japon vers 1855, il est fait mention d’une trace houillère sur les rives de la rivière Sorachi. Environ trois ans plus tard, un individu nommé Kimura découvrit un autre gisement carbonifère à Poronai, alors qu’il était occupé à couper des arbres. Mais ce fut un Américain, M. Lyman, qui fut chargé de la prospection définitive. En 1876, la Direction de la colonisation du Hokkaido confia à cet ingénieur le travail de prospection dans les terrains houillers de Sorachi, Poronai et des environs. Son rapport signala la présence de la houille dans le district de Yubari. En 1879 on creusa un puits à Poronai, mais ce ne fut qu’à la fin de 1883 que l’extraction commença régulièrement. De ce moment jusqu’à 1890, le Gouvernement exploita la mine à son compte ; mais cette année-là même il vendit les mines de Sorachi, Ikushumbetsu et Yubari à la Compagnie du chemin de fer et charbonnages du Hokkaido (Hokkaido Tankô Tetsudo Kaisha), qui venait de se constituer. Depuis lors c’est cette Compagnie qui continue l’exploitation.

Les charbonnages existent dans les deux districts de Yubari et Sorachi, dans la province d’Ishikari ; les veines sont plus considérables à Yubari ; elles s’étendent sur une longueur de 8 kilomètres, avec une profondeur variant de 6 à 25 pieds.

A Sorachi on constata la présence de 13 veines, chacune mesurant 6 pieds de profondeur.

A Poronai on a découvert une vingtaine de veines de différentes longueurs et épaisseurs, mais on ne peut en exploiter que cinq. Les produits sont bons, et ceux de Sorachi et Yubari peuvent être employés pour faire du gaz et du coke.

Ces mines sont exploitées à l’européenne, et emploient environ 4.000 ouvriers. Le charbon est amené aux ports de Otaru et Mororan où quatre vapeurs appartenant à la Compagnie le transportent à destination.

Chiku Hô. — Les charbonnages de Chiku Hô produisent plus de la moitié des charbons de tout l’Empire ; les houilles sont de qualité moyenne et bitumineuses. En certains endroits, par suite de la présence de dépôts volcaniques, la houille a été changée naturellement en coke. Bien qu’on ignore la date exacte de la découverte de ces mines, il est fort probable qu’elles étaient déjà connues il y a au moins deux cents ans ; mais ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle qu’on a commencé à exploiter le charbon. A cette époque on se bornait à enlever la couche supérieure, et ce n’est qu’en 1881 qu’une machine à vapeur fut installée à la mine de Katsuno et que l’extraction commença à la manière européenne. Cette méthode fut successivement appliquée aux mines de Namazada, Shin nin, Meiji, Akaike.

Vers 1889 certaines parties des houillères furent réservées à l’État à Tagawa et à Kurate ; puis le ministère de l’Agriculture et du Commerce, de qui dépendait le service des mines, émit des règlements pour encourager la formation de grandes Compagnies d’exploitation. Enfin le réseau de voies ferrées, à travers l’île de Kiushu, apporta des facilités considérables pour diriger la houille vers les ports de Moji et de Wakamatsu.