Les charbonnages de Chiku Hô s’étendent sur les cinq districts de Tagawa, Kurate, Kaho, Onga, Kasuya et mesurent 45 kilomètres du Nord au Sud et de 15 à 25 kilomètres de l’Ouest à l’Est. Mais les charbons extraits ne sont pas de qualité supérieure.
Miike. — La découverte de ces charbonnages remonte à 400 ans. De 1873 à 1887 ce fut le Gouvernement qui entreprit l’exploitation ; mais, en 1890, la Compagnie Mitsui en obtint la concession et travailla la mine avec une activité qui ne s’est pas démentie jusqu’à ce jour. Cette dernière s’étend sur une longueur de 15 kilomètres Nord-Sud et de 5 kilomètres Est-Ouest, dans les deux préfectures de Fukuoka et Kumamoto.
Le charbon est un peu meilleur que le précédent et peut servir à faire du gaz et du coke. La mine emploie 6.000 ouvriers, et elle arrive à fournir 4.000 tonnes dans les vingt-quatre heures.
Takashima. — Il y a déjà deux siècles que le dépôt carbonifère de Takashima est connu ; en 1817, la mine se trouvait aux mains du daïmio de Saga, mais, à cette époque, personne ne se souciait des mines de charbon, puisqu’on en ignorait l’usage. Ce n’est donc qu’en 1867 qu’on essaya pour la première fois l’exploitation en règle. Six ans après le Gouvernement reprit la mine, puis la repassa au comte Goto, et en 1881 elle fut achetée par la Compagnie Mitsubishi qui la détient encore actuellement. Elle débuta par un rendement de 1.200 tonnes, puis commença à décliner, lorsqu’on découvrit, en 1898, de nouvelles veines à Hajima.
Les galeries se trouvent, pour la plupart, au-dessous du lit de la mer, ce qui demande une ventilation constante ; aussi le ventilateur de Takashima fournit-il 50.000 pieds cubes d’air à la seconde, et celui de Hajima 120.000 pieds cubes. La mine est placée dans le district de Nagasaki et comprend les trois petites îles de Takashima, Hajima, Nakanoshima situées à sept milles marins du port de Nagasaki. Depuis 1881 elle a fourni plus de 7.000.000 de tonnes de charbon.
V. — Le pétrole existe au Japon presque exclusivement dans les terrains de formation tertiaire : on le trouve au Hokkaido, dans le nord du Honshu, et dans les provinces de Echigo, Shinano et Totomi. Le principal centre de production est la province d’Echigo qui renferme les cinq puits principaux de Higashiyama, Nishiyama, Amaze, Niitsu et Kubiki, dont les deux premiers sont les plus importants. A Higashiyama, l’huile est généralement trouvée depuis 20 jusqu’à 300 mètres de profondeur. Le puits d’Amaze va jusqu’à 854 mètres de profondeur, et la qualité de l’huile de ce puits est la meilleure ; malheureusement il commence à fournir beaucoup moins. Nishiyama produit une huile inférieure à celle d’Amaze, et la couche de pétrole se rencontre à 200 mètres de profondeur.
C’est dans la septième année de l’Empereur Tenchi (668 ap. J.-C.) que le pétrole fut découvert dans la province d’Echigo. Les chroniques rapportent, en effet, qu’à cette époque, de la terre brûlante et de l’eau brûlante furent présentées à la cour impériale ; mais on ne sut qu’en faire. Ce n’est qu’en 1875 que les mines de Kubiki et de Niitsu prirent une importance commerciale. La Compagnie japonaise des pétroles commença en 1890 à extraire l’huile par les procédés européens, et elle découvrit ensuite les couches schisteuses de Nagamine, Kamada, Hire et Urase, ce qui lui permit de développer son entreprise et d’arriver à fournir en 1902 environ 500.000 barils de pétrole.
VI. — Le graphite existe au Japon dans les rocs schisteux, en lames, ou bien dans les rocs stratifiés, en blocs ; bien qu’il y en ait une grande quantité on l’a jusqu’à présent à peu près négligé.
Le Japon, étant un pays essentiellement volcanique, est très riche en soufre et on en rencontre des dépôts très considérables. Les principales mines de soufre se trouvent dans la province de Rikuchu, à Tsurugizan ; et, dans le Hokkaido, à Iwaonobori et Ransu. Les dépôts alluvionnaires sont de deux sortes : d’or dans le district de Yesashi au Hokkaido et de fer à Chûgoku. Les premiers sont détachés de roches de quartz aurifère appartenant à la période secondaire et déposés dans les lits des rivières, les seconds sont la décomposition du minerai de fer.
VII. — Il peut y avoir aujourd’hui, approximativement, 250.000 mineurs au Japon. Ce nombre comprend les mineurs, les porteurs, les piocheurs, les fondeurs, les hommes employés aux machines, aux foyers et aux pompes. La plupart d’entre eux sont satisfaits de leur sort ; ils appartiennent généralement au district où la mine est située : cependant nombre d’entre eux viennent des provinces éloignées avec leurs familles et s’installent là jusqu’à leur mort. Avec l’accroissement incessant de la population au Japon, la main-d’œuvre ne manque jamais. Ces mineurs vivent généralement dans des maisons fournies par les employeurs ; ceux qui ont leurs familles, dans des chambres séparées, et les célibataires dans des espèces de grands dortoirs. Inutile de dire que ces installations sont très sommaires et que les ouvriers et ouvrières sont excessivement mal logés et encore plus mal nourris. La nourriture leur est vendue par la mine ; une nourriture insuffisante, à des prix très faibles, il est vrai, mais avec défense d’aller se nourrir ailleurs. Ceci a pour but de les empêcher de réclamer des augmentations de salaires, ce qui ne manquerait pas d’arriver si les ouvriers se nourrissaient convenablement au dehors ; car leurs gages actuels n’y suffiraient pas. Ici comme dans l’industrie, le sweating system est appliqué en grand et il faut que le peuple japonais meure littéralement de faim pour s’y soumettre sans murmurer. Il finira, d’ailleurs, probablement par se révolter, et l’explosion de colère qui s’est manifestée dans les mines d’Ashio, il y a deux ou trois ans, et où le directeur fut assommé, n’est sans doute que le commencement d’une protestation générale contre le régime employé vis-à-vis des ouvriers.