Toujours, à la date du 31 décembre 1903 ; donc tous ces chiffres doivent être majorés aujourd’hui.

V. — En 1907, l’immigration au Hokkaido donnait un chiffre de 66.793 individus dont il faut défalquer 10.092 qui ont abandonné l’île. La population indigène de cette partie de l’Empire, les Ainos, n’est plus que d’environ 18.000 individus, à peu près autant d’hommes que de femmes ; elle tend à disparaître complètement devant l’invasion japonaise qui contribue beaucoup à leur disparition progressive en leur livrant de mauvais alcool de riz.

A part les Ainos du Hokkaido, on peut dire qu’à l’heure présente la population du Japon est homogène. Elle ne forme qu’une même race d’hommes, parlant la même langue, ayant les mêmes habitudes, les mêmes mœurs. Évidemment l’isolement dans lequel le Japon s’est trouvé pendant plus de deux siècles, enfermé dans ses îles, alors que défense était faite sous peine de mort de quitter de vue les côtes, a contribué puissamment à mêler les divers éléments constitutifs et à ne faire qu’un seul peuple ; cependant là n’est pas l’unique raison : car nous voyons, en Europe, la Grande-Bretagne, dont les divers éléments, celtes, gallois et anglo-saxons, enfermés dans des îles aussi, ne se sont pourtant jamais fondus ensemble. La constitution politique et l’administration uniques pour tout le territoire, ont dû contribuer certainement à la réalisation de l’unité de race dans les îles du Soleil Levant.

La population étrangère fixée au Japon n’est pas très considérable, et elle est estimée à environ 19.000 individus. Les Chinois sont les plus nombreux, avec un total de 12.434 ; puis viennent les Anglais au nombre d’environ 2.000 et les Américains des États-Unis au nombre de 1.500. Les Allemands et les Français ne sont guère plus de 500 à 600. Quant aux autres pays, ils sont représentés par un nombre de personnes variant de 1 (Grec) à 90 (Italiens) et 200 (Russes).

CHAPITRE VII

I. Tokio capitale. — II. Localités à visiter. — III. Environs de Tokio. — IV. Le Fuji yama. — V. Sendai et les villes du Nord. — VI. Nagoya, Kioto, Nara. — VII. Osaka et les villes du Sud.

I. — La capitale du Japon, Tokio, est située au Nord de la baie d’Yedo ; elle occupe une circonférence de quarante-trois kilomètres, et elle est arrosée par le Sumida ou Ogawa qui coule à travers la ville, la divisant en deux parties : la ville proprement dite, et les faubourgs de Honjo et de Fukagawa. C’est plutôt une agglomération de villages autour du château qu’une véritable ville, quoique, à l’époque moderne, elle se soit de plus en plus centralisée. Le château occupe une situation élevée du côté Ouest du centre de la ville ; il est enclos de doubles murailles et entouré d’un large fossé. C’était là qu’habitait le Shôgun ou lieutenant général. Le feu, le 3 avril 1872, a tout détruit, et ce n’est qu’en janvier 1889 qu’un nouveau palais y fut élevé pour le Mikado qui y réside depuis lors. Les jardins impériaux, appelés Fukiage, sont situés dans l’enceinte du château. On est admis à les visiter en demandant l’autorisation au ministère de la maison impériale. A l’extérieur, on peut admirer les tours à plusieurs étages, quadrangulaires et à toits de forme chinoise, qui ont été laissées, à juste titre, au-dessus des portes d’entrée du château.

Entre le château et les murs d’enceinte de la ville propre, un immense espace était occupé par les nombreux palais des Daïmios ; mais presque toutes ces constructions féodales ont cédé la place à de hideux bâtiments de briques construits par des architectes européens et qui servent de ministères, de casernes, d’écoles très diverses, etc… de sorte qu’on a peine à avoir une idée de ce qu’était le vieux Yedo au temps du Shôgunat. Il reste pourtant quelques-uns des anciens bâtiments qui ont été convertis en bureaux du gouvernement ; ce sont des constructions de bois, très longues, à un seul étage, avec une couverture en tuiles grises très lourdes, et peintes en noir, ce qui leur donne un aspect lugubre.

En dehors des murs de la ville, est éparpillée la cité populaire, très dense, et où se fait tout le commerce ; la rue principale est de construction européenne, en briques, nommée Ginza, elle est continuée par la rue qui mène au pont du Japon ou Nihon bashi, d’où sont mesurées les distances de l’Empire. Ces rues sont très animées, d’autant plus que Ginza se trouve précisément en face de la station du chemin de fer de Shimbashi.

Ces deux rues conduisent jusqu’au parc d’Uyéno où est installé le musée impérial, et où se tiennent les expositions nationales et de peinture.