Ce n’est qu’en 794 que Kioto devint capitale permanente et résidence des Empereurs, ceux-ci, avant cette époque, n’habitant jamais la même ville que leurs prédécesseurs.

En 1868, quand Tokio (Yedo) devint la capitale de l’Empire restauré, Kioto fut administrée par un préfet (fu). Puis, en 1888, conformément à la nouvelle loi d’administration municipale, Kioto fut, comme Tokio et Osaka, administrée par une municipalité avec un maire, un adjoint et neuf conseillers, ou sous-adjoints. Le conseil municipal comprend quarante-deux membres.

Aujourd’hui Kioto a perdu de sa grandeur ; mais elle reste toujours la ville sacrée, l’antique résidence des Empereurs, fils du Soleil Levant, et elle est intéressante au point de vue artistique.

Vue générale de Kioto.

Les habitants de Kioto ne diffèrent pas essentiellement de ceux des autres parties du Japon ; cependant les modes y sont plus élégantes, la coiffure des femmes plus originale et plus gracieuse, les manières et les mœurs plus douces et la langue moins rude. Pour un amateur de civilisation japonaise et d’études artistiques, Kioto est le séjour préféré et l’on est tenté, quand on s’y trouve depuis quelque temps, de ne la quitter jamais.

En dehors des temples, dont j’ai déjà donné plus haut l’énumération, il faut visiter le palais impérial (Nishi maru).

Dans les environs, deux endroits sont très célèbres : Nara, ses parcs et son grand Bouddha ; et les rapides d’Arashiyama.

VII. — Osaka est la première ville du Japon moderne au point de vue industriel et commercial ; mais elle est totalement japonaise, les Européens résidant généralement à Kobé. La ville est bien construite, les rues en sont droites, propres et très animées. C’est une ville de progrès ardent, de go ahead américain, et elle est d’un intérêt considérable pour le visiteur étranger. Elle est située dans la province de Setsu, et élevée sur les rives de l’Ajikawa à 10 kilomètres environ de la mer. La rivière n’est navigable que pour de petits bâtiments. Le monument le plus intéressant, relique des anciens âges, est le château construit par Toyotomi Hideyoshi. En voyant le cube des pierres entassées les unes sur les autres, on se demande comment, au XVIe siècle, dans ce pays qui ne connaissait que la force humaine, on a pu élever pareille forteresse. La Monnaie impériale est installée à Osaka et c’est là que toutes les pièces d’or, d’argent et de cuivre sont frappées. Le papier-monnaie est fabriqué à Tokio. Osaka est surtout intéressant au point de vue commercial, et je reviendrai sur cette ville dans le chapitre concernant le commerce et l’industrie du Japon.

Kobé, Yokohama, Nagasaki. — Ces trois villes n’ont pas un type japonais qui retienne l’attention. J’ai, d’ailleurs, eu occasion d’en parler à propos de la navigation.