Dans ces montagnes, pleines de sites admirables et de splendeurs naturelles, deux Shôgun[3] ont voulu être enterrés. C’est pourquoi on y rencontre aujourd’hui un nombre incalculable de temples et des monastères.

[3] Shôgun, général en chef, lieutenant du Mikado. C’est lui que les Européens appelaient Tai Kun et avec qui ils signèrent leurs premiers traités.

Le Tsukuba san, peu élevé, mais de forme originale, plonge sur les districts de Tsukuba, Niibari et Makabe dans la province de Hitachi ; le Bandai San (1.900 m.) s’élève au Nord du lac d’Inawashiro ; cette montagne, que l’on croyait depuis longtemps être un volcan éteint, s’est remise soudainement en activité le 14 juillet 1888 et a détruit de nombreux villages dont elle a enseveli les habitants[4].

[4] L’effet de l’éruption s’est fait sentir jusqu’à Tokio, où je me trouvais à ce moment, et la ville a été violemment secouée.

Vue du Fujiyama au col de l’Otomi.

Le Fuji san ou Fujiyama a 3.900 ou 4.000 mètres. Cette montagne peut être nommée la montagne sainte du Japon ; d’une forme admirable et régulière (sauf un petit renflement d’un côté) elle a été de tout temps l’objet du culte et de l’adoration de tous les Japonais. Bien qu’actuellement éteint, le Fujiyama a eu dans les époques antérieures plusieurs éruptions, notamment vers 799 de l’ère chrétienne, puis en 863.

La dernière éruption eut lieu dans le cinquième mois de la période Hoyei (1706). C’est de là que le petit renflement signalé plus haut sur un des flancs de la montagne (au Sud-Est), a reçu le nom de Hoyeizan. Le cratère a pris sa forme actuelle à la même date en vomissant des masses considérables de cendres que le vent porta jusqu’à Yedo.

Le Fuji, tous les étés au mois d’août, est un lieu de pèlerinage très fréquenté ; c’est par milliers qu’hommes et femmes, habillés tout de blanc, un bâton à la main, font l’ascension de la montagne.

Du massif du Fuji partent des ramifications assez élevées : les montagnes de Hakone et la chaîne de l’Amagi.