| 1903 | 188.822 |
| 1904 | 269.284 |
| 1905 | 310.866 |
| 1906 | 201.714 |
Mais ceci donne les chiffres des hommes recrutés pendant la guerre ; depuis la guerre le contingent n’a pas atteint 100.000 hommes. Le contingent annuel reste sept ans dans l’armée active et la réserve, dix ans dans l’armée de réserve ou Kô bi gun, puis il passe dans l’armée nationale ou Koku min gun.
Une partie de ceux qui ne sont pas appelés pour former le contingent annuel, mais qui sont néanmoins bons pour le service, reçoivent une instruction militaire sommaire : quant aux autres ils entrent directement dans le Kokumingun et y restent jusqu’à l’âge de quarante ans.
En 1907 le ministre de la Guerre a été autorisé par le Parlement à faire l’essai du service de deux ans ; jusqu’à présent le soldat japonais restait trois ans dans l’armée active. Ceci n’est du reste applicable quant à présent qu’à l’infanterie, mais, néanmoins, permet l’incorporation d’un nombre plus considérable d’appelés ; ce qui fait qu’actuellement le contingent annuel sous les drapeaux s’élève au chiffre d’environ cent trente mille hommes.
D’autre part, comme la réserve, d’après les lois de 1905 et 1907, fait actuellement dix ans au lieu de cinq, elle peut fournir un effectif de cinq cent mille hommes. On admettra que c’est déjà un joli chiffre ; mais ce n’est que le commencement. Si, comme on a tout lieu de le croire, les ministres de la Guerre du Japon ne s’arrêtent pas en route, (et le Parlement et le Pays les suivront dans tout ce qu’ils veulent accomplir au point de vue militaire), avant vingt ans d’ici, le Japon pourra mettre en ligne une armée de un million cinq cent mille hommes ; il est même fort possible, si on accroît le nombre de jeunes gens actuellement incorporés qu’on obtiendra ce chiffre avant dix ans.
En tout état de cause, à supposer que le contingent annuel reste ce qu’il est aujourd’hui, le Japon pourrait mettre en campagne dans vingt ans d’ici : un million cinq cent mille hommes complètement instruits (armée active et réserve) ;
Un million d’hommes environ, ceux qu’ils appellent la réserve de recrutement (en japonais Hô ju) et qui est composée des hommes bons pour le service mais qui n’ont pas été incorporés et ont seulement reçu une instruction sommaire ;
Deux cent mille hommes de l’armée territoriale, laquelle se trouve réduite par suite du maintien dans la réserve, pendant un temps plus long, des hommes de l’active.
Enfin s’il faut faire appel à l’armée nationale, à l’armée « de la patrie en danger », ou Koku min gun, le Japon pourrait disposer de cinq millions d’hommes. Et étant donné l’esprit de suite et de travail soutenu du Japon dans tout ce qu’il entreprend, la réalisation ne tardera pas.
La seule chose qui puisse retarder la solution de ce grand problème militaire, c’est le manque de fonds. Tout le monde sait que le Japon est loin d’être un pays fortuné et qu’il n’a pas chez lui les sources de richesse nécessaires à un peuple qui veut faire grand. Malgré cela le goût des choses militaires est si vif dans tout le territoire que la population supporte sans murmurer le fardeau du militarisme. Le pacifisme est une chose inconnue à Tokio et pendant longtemps encore le pays peut compter sur l’unanimité de ses enfants pour sa défense.