Le cheval de Nambu est le plus réputé du Japon ; il est fort, relativement large de poitrail et très endurant. Ceux de Hokkaido, Sendai, Miharu, Akita sont des variétés du Nambu ; ils sont dociles et résistants : le cheval de Kagoshima, au contraire, est petit, vif, vicieux et souvent intraitable.

Il y a longtemps déjà que le Gouvernement Japonais a essayé d’introduire des chevaux étrangers pour améliorer la race indigène ; mais jusqu’à présent il n’a pas réussi. De France, d’Angleterre, d’Amérique, de Hongrie, d’Arabie, d’Australie sont venus de beaux, de splendides spécimens ; au bout de deux ans au Japon ils étaient ou morts ou malades ; le climat humide et le manque de pâturages les tuent.

L’Empereur a cependant une écurie de chevaux australiens ; mais ces malheureuses bêtes ne sont que l’ombre de ce qu’elles étaient dans leur pays. Le cheval chinois lui-même, pourtant si fruste et si résistant, est bientôt, au Japon, pris de rhumatismes et rendu indisponible.

Un poulain de deux ans coûte aujourd’hui environ 60 yen s’il est indigène pur sang, et environ 150 yen s’il est croisé de sang étranger.

Les bêtes à cornes sont également très chétives ; autrefois on ne les employait que comme bêtes de somme ; aujourd’hui encore le paysan japonais se contente de s’en servir pour la culture ou le transport et il n’en élève pas pour la boucherie ; il s’ensuit que la viande fournie aux Européens dans les ports est de très mauvaise qualité. Le manque de bons pâturages empêchera toujours la formation de belles races de bœufs comme en Europe et en Amérique ; le lait est pauvre et rare, et le beurre qu’on a essayé de produire est détestable.

Les chèvres et les moutons n’existent pas ; on a essayé d’en introduire, mais ils ne réussissent que difficilement et seulement dans le Nord ; en général, au bout de peu de temps ils sont atteints de maladie et meurent vite. Il n’est pas rare d’en voir mourir subitement sans cause apparente. L’humidité du climat doit contribuer à empêcher leur élevage en grand.

Porcs et poulets existent en petites quantités ; le Japonais mange peu de porc et n’est pas non plus très friand de volaille.

X. — En fruits le Japon est très pauvre ; il n’a de bon que le biwa que nous avons appelé la nèfle du Japon, et qui pousse, transplantée, sur le littoral méridional de la France et en Algérie ; le kaki, fruit spécial à la Chine et au Japon, ressemblant à une tomate, et dont il y a quatre-vingt-six variétés ; le mikan, sorte de mandarine.

Les autres fruits existent, mais sont détestables ; la prune (sume) ne peut se manger crue ; elle est employée à faire des confitures ou bien une espèce de conserve salée que l’on mange le matin en se levant ; les fleurs du prunier, salées, servent à faire des infusions analogues à celles du thé.

Le pêcher (momo) porte d’assez beaux fruits qui ne sont pas mangeables sans être cuits. Les Japonais les conservent en les faisant bouillir dans du sucre.