L’abricot (ansu) est gardé séché ; cru, il est acide et désagréable.
Le brugnon (sumomo), la pomme (ringo), la poire (nashi) sont absolument inférieurs, n’ont que le goût d’eau, et sont insipides crus ; on les mange en compote avec du sucre.
Le cognassier (kwarin) très inférieur comme grosseur et comme espèce à celui d’Europe, se mange bouilli avec du miel et du gingembre.
En dehors du mikan (mandarine) qui est excellent, il existe au Japon un nombre considérable de variétés de citrons : le koji ; le kunembo ; le daïdaï ; le zabon ; le buntan ; le bushu kan ; le kinkan ; le yudzu. Tous ces citrons croissent généralement dans le Sud (île de Kiushu), seul, le yudzu supporte le froid.
Le jujubier (natsume), le noyer (kurumi), le châtaignier (kuri) existent également, mais les fruits en sont inférieurs.
La vigne sauvage (budô) existe en grande quantité, et fournit des fruits assez agréables au goût.
Le cerisier (sakura) ne vaut que par ses fleurs qui, au printemps, font la joie du Japon.
Depuis une vingtaine d’années on a essayé d’acclimater les cerises, les pommes, les poires, le raisin, les fraises d’Europe et d’Amérique. On a réussi assez bien pour les poires et les pommes ; on a obtenu également des cerises et des fraises ; mais les plants dégénèrent vite. Le climat des îles japonaises est beaucoup trop humide, et c’est évidemment ce qui s’oppose, dans le règne végétal, au développement normal des fruits d’Europe, et, dans le règne animal, à l’élevage du mouton et de la chèvre.
XI. — Hokkaidô (île de Yézo) très au Nord et loin de toute communication avec le Japon d’autrefois, est restée longtemps négligée ; elle servait de lieu d’exil, elle n’était guère peuplée que d’Ainos, et Hakodaté était le seul port, la seule station que les Japonais eussent dans l’île. Le climat, très froid, ne leur convenait d’ailleurs pas, et c’était, en outre, un voyage trop long pour s’y rendre. Depuis la restauration impériale, le Gouvernement a essayé de coloniser l’île de Yézo, appelée plus communément Hokkaidô ; il a d’abord institué un Bureau de la colonisation, le Kai taku shi, spécialement destiné à l’administration du pays.
En dehors du colon libre qui ne venait pas en grand nombre dans ces froides solitudes, le Gouvernement voulut imiter les Russes en Sibérie et créa des soldats-laboureurs auxquels il donnait la terre et qui restaient attachés au sol qu’ils devaient défendre. Mais toute cette organisation ne produisit rien de sérieux. On y renonça et, sans rattacher encore le Hokkaidô à l’administration générale de l’Empire, on créa un gouvernement à part, un chô, et on divisa l’île en ken ; puis on la rattacha au ministère de l’Intérieur.