En dehors des champs de scories si nombreux et qui attestent le caractère volcanique du sol japonais, des lits de soufre abondent partout comme preuves du feu souterrain. Satsuma, Riukiu, Yezo sont connus pour la quantité de soufre qu’ils produisent. Des flancs du Hakuzan il sort d’énormes blocs de soufre ; des solfatares existent dans presque toutes les provinces ; enfin, dans les provinces de Shinano et d’Echigo, les paysans s’éclairent et cuisent leur riz avec le gaz inflammable qui sort de terre et qu’ils font servir à leurs usages en le captant dans des tubes.
Par suite de la nature volcanique du pays, les tremblements de terre sont nombreux et causent souvent des malheurs terribles. Des villes et des villages ont été et sont encore constamment détruits, des provinces ravagées. Le dernier grand tremblement de terre qui a eu lieu à Yedo en 1855 a été l’un des plus effrayants que l’on ait vus : la ville a été à peu près entièrement détruite et brûlée ; les maisons japonaises étant de bois, le tremblement de terre occasionne à sa suite un incendie qui achève ce qu’il a commencé.
En 1891, au mois d’octobre, un autre tremblement de terre qui fut une vraie catastrophe, désola le pays entre Nagoya et Kioto ; il y eut environ 30.000 victimes.
VI. — Le Japon est arrosé par un assez grand nombre de cours d’eau ; mais, par suite du peu d’étendue de ses vallées, lesquelles sont forcément très resserrées vu le peu de largeur et l’extrême longueur du pays, les fleuves ont un cours fort modeste et ne sont jamais navigables qu’en partie, vers leur embouchure. J’en citerai quelques-uns néanmoins :
Le Fujikawa est formé de trois rivières qui prennent naissance dans la province de Kai. Il se dirige vers le Sud et traverse la province de Suruga, passe au pied du mont Fuji avant de se jeter dans la mer. Le Fujikawa est à proprement parler un torrent qui, aux grandes pluies d’été, est assez souvent l’ennemi du cultivateur et le destructeur des récoltes.
Le Oigawa prend sa source à la limite des provinces de Shinano et de Kai ; il coule vers le Sud, formant la limite des provinces de Suruga et de Totomi.
Le Tenriugawa, un peu plus important que les précédents (60 ri de longueur)[5], prend sa source au lac Suwa. Ce fleuve a son embouchure dans la province de Shinano ; il traverse la province de Totomi en coulant vers le Sud.
[5] Le ri représente 3 kilom. 927 mètres. (Voir [tableau des mesures de longueur], à la fin du volume.)
Le Shinanogawa prend sa source dans la province du même nom sous le nom de Chikuma gawa, il coule au Nord-Ouest puis au Nord, et traverse la province d’Echigo où il prend le nom de Shinano gawa. Ce fleuve se jette dans la mer à Niigata. La longueur de son cours est d’environ 100 ri ; navigable seulement en partie, il offre des rapides qui rendent son utilisation très peu sûre comme voie de transport.
Le Kisogawa prend naissance dans le district de Chikuma, province de Shinano et coule au Sud-Ouest, puis au Sud. Il entre dans la province de Mino, coule vers l’Ouest et reprend ensuite la direction du Sud ; il se divise alors en plusieurs branches qui vont se jeter dans la mer en traversant les provinces d’Owari et d’Ise.