Pour l’exploitation des terrains forestiers ou pour l’extraction de la tourbe, la période est doublée. Le colon, qui a rempli les conditions exigées, a droit à une nouvelle acquisition aux mêmes prix et obligations.

Des fermes modèles ont été installées, principalement aux environs de Sapporo. L’une appartient à la Shoku yetsu shoku min kwaiska et elle est située à Noboro, (12 kilomètres de Sapporo). La ferme contient 251 familles ; en 1906 la compagnie a retiré un bénéfice net de 5.182 yen. Une autre appartient au marquis Maeda (ancien daïmio de Kaga) ; située près de Sapporo, elle est divisée en exploitation agricole et en élevage. Le capital employé est d’environ 80.000 yen et le bénéfice de 1906 a été de 5.797 yen.

CHAPITRE XI

I. Pêcheries. — II. Les bateaux de pêche ; les prises. — III. Prime à la pêche en haute mer. — IV. La baleine. — V. Sel et salines. — VI. Forêts. — VII. Quelques-uns des bois les plus répandus du Japon. — VIII. La forêt de Kisogawa, domaine de la Couronne. — IX. Le camphrier. — X. Champignons.

I. — Les Japonais sont incontestablement nés pêcheurs : plus de trois millions d’entre eux vivent de l’industrie de la pêche. Cette dernière est caractérisée par une extrême diversité ; par suite de la situation du pays, chaud au Sud et très froid au Nord, on peut se livrer dans les mers qui le baignent à des pêches toutes différentes. Dans les mers du Hokkaidô, on pêche le hareng, la sardine, le saumon, la baleine ; dans le Sud, se trouvent le thon, la bonite, le maquereau, et, en général, le poisson qui se rencontre sur nos côtes ; quantité de langoustes et de crevettes. Mais le Japon, comme beaucoup d’autres pays, souffre d’une pêche trop peu réglementée et pratiquée sans méthode ; le poisson diminue et certaines espèces deviennent rares. La loi pour la protection du poisson de mer et de rivière, qui a été édictée il y a quelques années, est peu observée. La fécondation artificielle n’est guère appliquée que pour le saumon au Hokkaidô et pour l’huître à Hiroshima.

L’influence des deux courants marins, qui longent les côtes Est et Ouest du Japon, a naturellement une influence toute spéciale sur la vie marine du Pacifique et de la mer du Japon. Chacune des côtes, étant soumise à l’action plus ou moins grande d’un courant chaud venant du Sud, et d’un courant plus froid venant du Nord, la prédominance de l’un ou de l’autre affecte la température de la mer. Ainsi, le long de la côte Nord, à partir de Kinkasan (Honshu) la température moyenne est au-dessous de 15° centig. et le long de la côte Est du Hokkaidô et des Kouriles elle est au-dessous de 10° centig. à cause de la prédominance des courants froids. D’un autre côté, étant donné la présence des courants plus chauds le long de la côte Sud, depuis le groupe d’îles à l’extrémité de la pointe d’Idzu jusqu’à l’extrémité sud de Kiushu, la température moyenne est au-dessus de 20° centig., tandis que vers les îles Bonin et le long de la côte Est de Formose, elle est de + 23° centig. On comprend donc pourquoi, ainsi que nous l’avons dit plus haut, la diversité est si grande dans la faune aussi bien que dans la flore maritime du Japon.

Si l’on songe que la côte regardant le Pacifique et qui commence au Nord aux Kouriles pour finir au Sud à Formose, se trouve assise sur 29° de latitude, il est facile de se rendre compte que les deux extrémités du pays diffèrent absolument au point de vue de la production maritime. Par suite, tandis qu’au Nord on pêche le hareng, la sardine, le maquereau, la morue, dans le Sud on prend plutôt la dorade, le thon, la bonite, le requin, la sole, etc.

L’une des scènes les plus curieuses à contempler à Tokio, c’est le matin à quatre heures, le marché aux poissons à Nihon Bashi. Des quantités de bateaux sont entrées la nuit dans le canal qui les mène jusqu’au marché, et là ils ont déchargé toute leur pêche de la journée précédente. C’est un amas inouï de tous les genres, de toutes les sortes de poissons, depuis la sardine dédaignée (on la pêche en automne en grande quantité au large de la baie de Tokio) jusqu’au requin et à la pieuvre, en passant par des espèces de poissons inconnues à nos mers et présentant les formes les plus extraordinaires et les plus disgracieuses.

Les Japonais font une consommation prodigieuse de poisson et ils en tirent aussi des conserves ; la bonite, notamment, est desséchée et devient tellement dure qu’on la prendrait pour une pierre à repasser les couteaux ; c’est le katsuobushi, que toute bonne ménagère a chez elle et qu’elle râcle dans toutes les soupes et dans toutes les sauces.

Le requin, jeune, est fort apprécié ; la seiche et la pieuvre sont des mets de choix.