Kiri (paulownia imperialis) croît très rapidement et atteint une hauteur de 10 mètres en dix ans. Son bois est très léger et tendre ; le grain en est grossier ; il est très recherché par les menuisiers qui en font des guétas ou socques en bois pour hommes et femmes. Une variété de ce bois porte le nom de Shimagiri et provient de la province d’Idzu ; le grain du bois est meilleur et plus serré que celui du Kiri.

Awogiri (firmiana platanifolia), bois blanc, grain grossier ; employé en menuiserie ; provenance : Kiushiu.

Urushi (rhus vernicifera) donne un bois jaune très beau ; son grain est serré. On l’emploie pour la marqueterie et les travaux analogues ; on en fait aussi des navettes de tisserand et des flotteurs pour filets de pêche. Cet arbre pousse principalement dans le Nord ; c’est avec la sève qu’il donne que l’on compose le vernis à laque ; la sève est retirée au moyen d’incisions sur l’arbre, puis mise dans une grande cuvette en bois ; on la remue ensuite au soleil, au moyen d’une grande spatule, pour la débarrasser de son excédent d’eau, puis on la travaille.

Hagi (rhus succedanea) ressemble beaucoup au précédent ; son bois, également jaune, sert à faire des objets de petites dimensions, et ses fruits produisent de la cire ; il pousse dans les provinces du Sud.

Momiji (acer polymorphum ou palmatum), érable ; genre très commun au Japon où il y en a plus de cent variétés.

Kusunoki (cinamomum camphora), arbre à feuilles persistantes, d’où l’on tire le camphre. Sa hauteur atteint quelquefois 15 mètres ; son bois est très compact et très dur ; il ne s’altère pas au contact de l’eau et il est très recherché pour la construction des bateaux. On l’emploie beaucoup dans l’édification de certaines parties de la maison japonaise, et aussi pour la menuiserie. La racine présente quelquefois des dessins originaux dont on fait grand cas pour l’ornementation des appartements. Cet arbre croît surtout à Kiushu et à Shikoku ; mais on le trouve aussi dans le Honshu à Miyanoshita, Atami, Kanagawa et dans d’autres localités de la baie de Tokio.

Tsubaki (camelia japonica), le camélia ordinaire, il peuple les collines japonaises et il atteint parfois la taille de 10 mètres. Son bois est dur et il est employé en menuiserie ; ses graines servent à faire de l’huile dont les femmes s’enduisent copieusement les cheveux.

Sarusuberi (lagerstrœmia indica), arbre où le singe (saru) glisse (suberi) ; n’a pas d’écorce, d’où son nom ; ce bois est très dur et le grain en est très serré ; on l’emploie pour faire des manches d’outils ; il n’est pas indigène au Japon, mais a évidemment été introduit de l’Inde.

Take (bambusa), le Bambou, l’arbre le plus utile et le plus employé au Japon ; on peut dire qu’il sert à tout, absolument à tout. Il se divise en plusieurs variétés, répandues sur l’ensemble du pays. C’est l’arbre par excellence, et il pousse avec une telle vigueur et une telle rapidité qu’on n’en manque jamais.

VIII. — Il n’est pas sans intérêt de consacrer quelques lignes à la fameuse forêt du Kisogawa, dans la province d’Owari, qui est l’une des plus importantes propriétés de la Couronne. La forêt couvre 153.000 hectares dont les deux tiers appartiennent à la Couronne ; le cadastrage en fut terminé seulement en 1908, car une grande partie n’était que forêt vierge et les difficultés d’accès étaient innombrables. Ces forêts sont presque uniquement plantées de conifères, parmi lesquels domine le Hinoki. Tous les ans on exploite le bois d’une façon rationnelle, et les troncs sont lancés sur le Kisogawa dont le courant les emmène à Nagoya ; le ministère de la maison Impériale retire environ 350.000 yen de bénéfice net chaque année de cette exploitation. Les facilités de transport manquent et c’est pour cela que l’on n’obtient pas tout le rendement désirable ; mais la ligne de chemin de fer du « Grand Central » actuellement en construction, et qui doit traverser la forêt, changera la situation ; il paraîtrait que lorsque toutes les dépenses seront faites pour rendre l’exploitation vraiment productive, les recettes s’élèveraient à 2.000.000 de yen, ce qui laisserait un bénéfice net de 1.300.000 yen tous les ans à la Couronne.