Si nous examinons le côté anthropologique, nous nous heurtons à des discussions plus acharnées et plus vives. Les uns, se basant sur la grandeur de la boîte cranienne et le poids du cerveau, soutiennent que la femme est plus intelligente que l’homme. Le docteur Buchner affirme que sous le rapport du poids, le cerveau féminin l’emporte sur le cerveau masculin, par sa finesse, sa texture intime et la délicatesse de chacune de ses parties[18].

Havelock Ellis démontre que l’homme ne possède aucune supériorité relative en ce qui concerne l’ensemble du cerveau. S’il y a supériorité, elle est du côté de la femme[19].

M. Manouvrier nous fait toucher du doigt l’erreur dans laquelle sont tombés les anthropologistes qui ont voulu voir, dans les 100 grammes de substance cérébrale que possède la femme, la preuve de son infériorité[20].

Un curieux exemple de supériorité de la femme sur l’homme est donné par Elisa Faarham. Elle affirme que si le serpent s’est adressé à la première femme, c’est que celle-ci était évidemment supérieure à l’homme. De même la postcréation de la femme lui donne à penser que l’homme en a été l’ébauche.

L’anthropologie criminelle nous montre la femme moins sujette à la maladie, moins érotique, moins criminelle. Lombroso, après de nombreuses observations, conclut: «Les progrès de la civilisation tendent à l’égalité des sexes»[21].

Au point de vue intellectuel, qui soutiendra que la femme, depuis l’antiquité, n’a point produit des œuvres aussi fortes, aussi puissantes que celles des hommes; n’a-t-elle point eu des figures aussi nobles et aussi belles que les plus grandes illustrations masculines? N’ont-elles point dans leur galerie: Jeanne d’Arc, Charlotte Corday, Cécile Renault, Elisabeth d’Angleterre, Isabelle Ier, Catherine II de Russie, Berthe de Bourgogne. Voici Clémence Isaure, Marie de Gournay, Mme de la Fayette, Mme Deshoulières, Mme de Sévigné, Mme de Staël, George Sand, la marquise de Châtelet, etc., etc. (Nous ne citons pas nos contemporaines de peur de froisser leur modestie.)

La femme n’a-t-elle point eu d’illustres représentantes dans tous les arts, dans toutes les sciences?

Pourquoi donc vouloir à tout prix qu’elle soit inférieure à l’homme?

Malgré ce faisceau de preuves et de noms, nous nous abstiendrons de prendre position dans cette querelle, estimant, comme nous le démontrerons tout à l’heure, qu’il n’y a pas lieu de rechercher si la femme est égale, inférieure ou supérieure à l’homme. Pour répondre à ces attaques, nous nous contenterons de résumer simplement les réponses que l’on pourrait fournir.

Peu nous importe, malgré l’assertion des savants, de savoir si le crâne de la femme est supérieur au crâne de l’homme, ou si le cerveau féminin pèse plus que le cerveau masculin.