«Les femmes qui vivent de la prostitution, eh bien! ce sont tout simplement celles qui trouvent ce moyen d’existence moins pénible que le travail. Elles bénissent, dans leur for intérieur, la nature, cette bonne mère, qui les a fait naître d’un sexe où l’on gagne sa vie et où même parfois l’on s’amasse des rentes sans se donner du mal. Cela leur coûte si peu et cela leur fait tant de profit. La preuve en est que lorsque des âmes charitables tirent ces marchandes de sourires de la fange et cherchent à les réhabiliter par le travail, à la première occasion, elles retombent.

»Tout ce que la Société peut faire à cet égard, c’est d’exercer une surveillance rigoureuse sur l’infâme métier qu’on appelle la traite des blanches»[41].

Et nous ajoutons: d’essayer de rendre plus humains les règlements de la police des mœurs.

Laissez donc de côté, Mesdames, ces drapeaux que vous déployez à toutes occasions: Le drapeau de l’alcoolisme et de la régénération sociale! Un humoriste, nous ne savons plus lequel, a dit que c’étaient des bateaux! Nous avouons partager son opinion.

Vous avez de si beaux sujets pour réclamer, où tout votre cœur et toute votre sensiblerie pourront se donner libre cours; mais de grâce ne continuez plus à vous poser comme les rénovatrices des mœurs et de la morale.

Vous n’auriez aucun succès..., car rien n’est plus fastidieux qu’une femme savante, politique, économiste, éloquente et féministe..., même jolie!

6e: La femme doit voter parce qu’elle vote déjà pour les Tribunaux de commerce.

Prenons une femme directrice d’un magasin, d’un commerce, d’une entreprise. Avec régularité et sérieux, elle dirige tout, sait faire face à toutes les difficultés; la maison prospère et s’agrandit, menée par une tête intelligente et une volonté ferme. Il lui manque cependant quelque chose, c’est d’être l’égale de l’homme devant les tribunaux de commerce dont elle relève directement. Pourquoi n’aurait-elle pas, elle la femme honnête et travailleuse, les mêmes droits que son voisin, commerçant, déjà failli, mais réhabilité. En portant un procès devant des juges qu’elle n’avait pas choisis ne pouvait-elle avoir une cause de suspicion légitime et même les juges pourraient-ils rendre un jugement en leur âme et conscience sans être taxés de partialité.

La loi du 23 janvier 1898 a comblé cette lacune; désormais les femmes participent aux élections des Tribunaux de commerce, des membres de la Chambre de commerce et des Chambres consultatives.

Une loi du 15 novembre 1908 rend les femmes éligibles aux Conseils de prud’hommes.