Le délicieux type de femme; désormais libre, sans frein, sans moralité, sans coquetterie, sans amabilité, sans tendresse!

Mme la doctoresse Pelletier n’est pas heureuse, constatons-le dans ce nouveau portrait de l’Eve future! Un ours! pas même léché!

A la lecture de cet idéal, nos pères auraient dit tout simplement: «Les monstres, elles méritent d’être fouettées». Mais si efficace qu’il puisse être, ce vieux traitement répugnerait à la douceur de nos âmes. Nous avons fait nôtre le joli proverbe indou: Ne frappez pas une femme, même avec une fleur! et puis les chères créatures n’aiment plus à être battues. Mon docteur avait raison. «Mieux vaut de toute façon les asperger que les meurtrir. L’hydrothérapie a du bon»[54].

La mesure serait plus douce mais ne produirait pas de bons résultats.

Entre nous, mesdames, ne soyez pas si entêtées; convenez qu’à l’heure actuelle nous ne sommes pas prêts pour cette réforme. Avouez-le! vous avez contre vous tout un peuple et vos faibles forces viendront se heurter longtemps encore contre le rempart du bon sens dont les bases sont en France très solides.

Je n’en veux pour preuve qu’une confession d’un immortel féministe, le provocateur des grands suicides moraux de notre époque et grand directeur des consciences de nos demi-vierges, nous avons nommé Marcel Prévost.

«Le suffrage des femmes est parmi les problèmes politiques et sociaux de l’heure présente un de ceux qui agitent le moins l’opinion française. On peut s’en étonner à une époque où les revendications féministes ne sont nullement inactives ni négligeables. Les conquêtes de la femme contemporaine dans le domaine de l’égalité sociale sont tellement importantes depuis une vingtaine d’années qu’elles dépassent les prévisions les plus optimistes. Mais dans le sens de l’égalité politique, le changement fut quasi nul. La raison de cette immobilité, c’est que les femmes se sont franchement désintéressées jusqu’ici de leurs droits politiques»[55].

«La majorité des femmes n’est féministe à peu près dans aucun pays du monde, 120 ans après la Révolution française. Et parmi les revendications féministes, celle à laquelle les femmes tiennent peut-être le moins, c’est le droit de suffrage législatif ou même municipal»[56].

Nous avions raison de vous dire, mesdames: l’idée n’est point encore dans nos mœurs, la réforme n’est pas mûre, elle est verte, horriblement verte et bonne tout au plus pour des... détraquées.

4e: La femme ne doit point voter car elle n’a pas reçu l’éducation civique et politique