«La femme est un moyen terme entre l’homme et l’animal»[2].
«La famille a un vote; si elle en avait deux, elle périrait»[3].
Exaltée et vibrante d’espoir, une réponse féministe essaie de regagner la partie souvent compromise:
«Il ne faut pas désespérer du monde si les femmes obtiennent le droit de suffrage»[4].
«Dénier au sexe féminin le droit de suffrage, c’est lui refuser le droit de légitime défense»[5].
Notre intention n’est point, certes, d’endiguer les flots tumultueux de cette houle féministe; l’œuvre serait trop grande et l’auteur... trop petit. De même d’apporter au camp des révolutionnaires en dentelles, malgré tout l’attrait qu’elles nous inspirent, le secours d’une plume si peu autorisée et inconnue.
Nous nous bornerons simplement à être les spectateurs de cette lutte nouvelle et de ce pénible travail de désexualisation. Impartialement, nous compterons les coups; nous enregistrerons les défaites sans rancœur, nous soulignerons les victoires avec modestie. Dans cette thèse, nous examinerons de prime abord l’acteur principal de la question: «la femme». Nous donnerons ensuite les raisons qui militent en faveur de leur plaidoyer pour l’obtention des droits politiques; malgré toute notre galanterie, nous exposerons enfin celles qui leur sont défavorables.
Et si, nouveau révolutionnaire, nous laissons parfois entrevoir dans le courant de la discussion des sentiments féministes, que les hommes nous pardonnent!
Mais si, par contre, partisan du bon vieux temps, malgré tout l’amour et le respect que nous avons pour la femme, nous émettons des opinions contraires à leurs revendications viriles, qu’elles nous pardonnent aussi.
Avouerons-nous humblement, Mesdames, que ce pardon, si léger soit-il, nous sommes sûr de ne jamais l’obtenir!