PREMIÈRE PARTIE


CHAPITRE PREMIER


LA PLACE DE LA FEMME DANS LA SOCIÉTÉ
A TRAVERS LES AGES
QUELQUES APPRÉCIATIONS

Il est en ce moment-ci un être qui ne cesse de gémir et de se lamenter sur son sort. Nous avons nommé la femme. Et parmi ses lamentations, il en est une qui par sa persistance et son opiniâtreté a su attirer l’attention sur le sexe féminin; c’est la complainte du suffrage.

Ces dames veulent à tout prix avoir le droit et l’honneur de déposer elles-mêmes dans l’urne un bulletin de vote.

Avant d’accéder à leur désir et de satisfaire leur amour-propre chatouilleux, examinons la place occupée par la femme à travers les âges et comment elle fut appréciée.

La femme, c’est ce grand point d’interrogation éternellement suspendu sur nos têtes, c’est un cœur derrière lequel il se passe toujours quelque chose, et depuis que le monde est monde, un seul jour ne s’est levé sans que dans l’univers un homme de bon sens ne se soit demandé quelle était cette étrange petite créature! Depuis sa création, les hommes sont là, attendant vainement celui qui leur dira la clef de cette énigme parfois si amusante et si douce, parfois si cruelle et si terrible, mais néanmoins toujours troublante! Qui dira ce qu’elle a engendré de beauté, de force et de vie, mais par contre ce qu’elle a fait naître de tristesses, d’amertumes et de douleurs.