Dans les civilisations antiques, la femme nous apparaît comme étant l’esclave de l’homme. Les Grecs l’enfermèrent jalousement, ne lui donnant aucune éducation et la considérant comme un simple objet de luxe.
Rome fit d’elle une perpétuelle déchue, et malgré la gloire qui rejaillit sur la femme avec les noms d’Aggrypine, de Lucrèce et de Cornélie, la conserva dans un état d’abaissement constant.
Le catholicisme, dans sa toute bonté compatissante, releva le front de l’éternelle serve, mais ne changea guère au point de vue social et moral la domination de l’homme sur elle. Avec le Moyen-âge, la femme fut idéalisée; elle devint la Grande Inspiratrice, le stimulant et le but de toute activité. «Plus que Poète, elle est la Poésie», comme le dit Lamartine. La Renaissance commence à diminuer la femme comme être moral. Sous la Révolution, elle relève la tête, et Victor Hugo s’écrie plus tard: «Le XIXe siècle a proclamé les droits de l’homme, le XXe siècle proclamera ceux de la femme».
Parmi les appréciations portées sur elle, il en est quelques-unes qui par leur piquant, leur humour et surtout leur cruelle vérité méritent d’être citées:
«Souveraine peste, s’écrie Jean Crysostome, c’est par toi que le diable a triomphé de notre premier père»[6].
«J’ai trouvé la femme plus amère que la mort, elle est semblable au filet des chasseurs»[7].
Saint Thomas, très irrévérencieusement, la baptise: «Être accidentel et manqué».
Les lois de Manou, dans leur éternelle sagesse et leur naïveté poétique, nous la représentent comme une esclave: «Une femme ne doit jamais se gouverner à sa guise»[8].
«Il faut se défier d’elle, parce que la nature du sexe féminin est de chercher ici-bas à corrompre les hommes»[9].
«La femme peut en ce monde écarter du droit chemin non seulement l’insensé mais aussi l’homme pourvu d’expérience»[10].