Tel compare la voix de la femme au sifflement du serpent et leur langue au dard du scorpion!

Saint Paul nous dit: «Le mari est le chef de la femme.»

L’antiquité fut sans pitié pour elle. Tertullien ne désirait qu’une chose, «que la femme cachât son visage, toujours et partout.» «Femme, tu es la porte du diable; c’est toi qui as persuadé celui que le diable n’osait attaquer en face; c’est à cause de toi que le Fils de Dieu a dû mourir. Tu devrais t’en aller en haillons et en deuil, offrant aux regards des yeux pleins de larmes de repentir pour faire oublier que tu as perdu le genre humain»[11].

Saint Antoine l’appelait «le Diable en personne»; saint Bonaventure «un scorpion toujours prêt à piquer»; saint Jean de Damas «un affreux ténia qui a son siège dans le cœur de l’homme.»

Les expressions les plus cruelles lui étaient destinées: «Fille de mensonge, porte de l’enfer, vase d’impureté, larve du démon.»

Le Koran, dans ses versets enthousiastes, est parfois très dur pour elle: «Attribuera-t-on à Dieu comme enfant un être qui grandit dans les ornements et les parures et qui est toujours prêt à se disputer sans raison»[12].

Aux yeux des Chinois, «la femme n’est qu’une machine à faire des enfants. Quand elle est détraquée, on lui en adjoint une deuxième, une troisième, suivant la fortune du mari»[13].

Montaigne plaisamment se moque d’elles: «De bonnes, il n’en est point à la douzaine»[14].

Molière immortalise leurs défauts dans les Précieuses ridicules et les Femmes savantes. Les philosophes du XVIIIe siècle, Rousseau, Montesquieu, etc., la considèrent simplement comme un instrument de plaisir.

Mme de Sévigné, cependant délicieuse dans ses Lettres, se compare à une bête de compagnie; Schopenhauer n’hésite pas à écrire: «C’est un animal qu’il faut battre, bien nourrir et enfermer»; tandis qu’Alexandre Dumas, enveloppant son opinion sévère dans une phrase poétique, nous dit: «La femme est la seule œuvre inachevée que Dieu ait permis à l’homme de reprendre et de finir. C’est un ange de rebus»[15]. Milton l’appelle: «Un beau défaut de la nature».