Enfin, de nos jours, une Allemande au talent indiscutable, Mme Boelhau, avait l’audace et la superbe franchise de répondre: «La femme est une demi-Bête».
Voilà donc, très brièvement résumées, les opinions que l’on a eues sur les femmes. Certes, la question n’est point résolue et ce tableau aux larges coups de crayon, à l’emporte-pièce, ne nous donne point la solution de cet éternel problème: qui est-elle? Il permet cependant, malgré son pessimisme poussé à outrance, de se faire une idée de ce petit être qui gémit et qui pleure en demandant aujourd’hui sa part de gâteau politique et social. Que conclure? Le mieux serait, semble-t-il, de s’abstenir. Certes, il existe de par les livres enthousiastes et profondément féministes, des expressions et des chapitres nous représentant la femme comme un être supérieur et d’essence divine. Nous ne prendrons point parti dans ces comparaisons, notre but ayant été simplement d’esquisser un léger portrait de notre compagne. Et si maintenant, Mesdames, vous trouviez ridicules et malsonnantes ces appréciations par trop réalistes, mais cependant justes dans leur délicieuse concision, pour essayer d’atténuer votre douleur et calmer votre dépit, disons avec le grand Proudhon: «Non, toutes ces imprécations ne sont qu’un hommage désespéré à votre éternelle beauté.»
CHAPITRE II
RAISONS POUR LESQUELLES LA FEMME DOIT VOTER
1re: La femme doit voter parce que la loi ne lui enlève point ce droit
«Sont électeurs tous les Français âgés de 21 ans et jouissant de leurs droits civils et politiques».
Le suffrage universel, tel est le mode de vote de la nation française. Mais existe-t-il vraiment dans toute la plénitude de sa conception et malgré la merveilleuse et généreuse idée de cette expression, n’y aurait-il pas un mirage trompeur faussant sa portée et son fonctionnement?
Et tout d’abord, comme à toute règle, nous trouvons des exceptions. Le Code, dans sa rigidité absolue, nous énumère les différentes sortes d’incapables. Ce sont: