Jeanne écarta la portière de la cabane.
Au même instant un bruit léger de pas se fit entendre derrière eux. Mornac et sa cousine se retournèrent et aperçurent la Perdrix-Blanche qui s'avançait aussi pour entrer dans son ouigouam.
La jeune iroquoise jeta sur Mornac un regard joyeux qui signifiait combien elle était contente de voir le sauveur de son enfant encore une fois sain et sauf.
Mornac la salua comme si elle eût été marquise et s'éloigna autant pour éviter Griffe-d'Ours que pour aller faire quelque toilette; ce qui n'était pas sans nécessité. Car les Sauvages et le feu ne lui avait guère laissé d'autres vêtements que les tatouages dont on l'avait grotesquement barbouillé. Heureusement qu'il faisait nuit. Il courut à sa cabane, répondit à l'étreinte de la vieille femme toute heureuse de le voir encore en vie, et se lava de pied en cap pour faire disparaître les couleurs qui bariolaient tout son corps.
L'épiderme, rougi la chaleur du bûcher, lui cuisait fort, et en certains endroits il s'en allait par lambeaux. Encore, le Gascon pouvait-il s'estimer heureux d'avoir sauvé sa chair et ses os.
Le bruit s'éteignit peu à peu dans le village, et tout y était paisible quand Mornac eut fini de se débarbouiller.
Il en était à se couvrir de vêtements plus chrétiens lorsque la portière du ouigouam s'écarta doucement pour laisser passer le Renard-Noir.
La vieille femme qui venait de se coucher se mit sur son séant et resta bouche béante, lorsqu'elle aperçut le Huron.
Le Renard-Noir s'avança vers elle, lui dit quelques mots que Mornac ne comprit pas, et, en terminant, fit le signe de la croix.
La vieille parut aussitôt rassurée.