Quand on eut entassé à l'envi aux pieds du faux marchand des paquets de pelleteries de toutes sortes, des souliers de peau de caribou et des raquettes, il se mit à choisir ce qui lui convenait et à discuter les prix avec toute l'âpreté d'un véritable commerçant.
Ces négociations durèrent une bonne heure au bout de laquelle on entendit des cris de triomphe qui partaient de la bordure du bois.
C'était le parti de chasseurs qui revenait chargé de gibier.
Griffe-d'Ours s'informa de la cause du rassemblement qui s'était fait au milieu du village et s'approcha comme les autres de Joncas qui le regarda d'un oeil indifférent et qu'il ne reconnut point.
—Quelles sortes de marchandises mon frère a-t-il donc apportées? demanda l'Iroquois à Joncas.
—De la poudre et de l'eau-de-feu, chef.
—De l'eau-de-feu! s'écria Griffe-d'Ours dont les traits s'animèrent aussitôt. Il ne nous manquait plus que cela pour notre festin, dit-il aux siens.
—Nous y avons pensé, répondirent les Sauvages, et chacun, ce soir, en aura sa part.
—Oah! repartit Griffe-d'Ours avec satisfaction. Notre frère blanc partagera-t-il avec nous le grand repas à tout manger?
—Je le voudrais bien, répondit Joncas, mais je dois être de retour à
Orange durant la nuit, et il faut que je parte tout de suite.