[Note 33: ][(retour) ] Tous les commandements qui suivent sont exactement ceux dont on se servait au 17e siècle, dans l'armée française. Ils sont tirés d'un ouvrage intitulé: "Des travaux de Mars, par Alain Mannesson Mallet, maistre de mathématiques des pages de la petite écurie de Sa Majesté, ci-devant ingénieur et sergent-major d'artillerie en Portugal. Paris, 1684, 3 vol. in-16." Voir aussi Monteil, 3e vol., p. 188, édition de Victor Lecou, 1853.
Boisdon troublé cherchait sa main droite, qu'il confondait avec la gauche.
--"Haut le mousquet," continuait le capitaine.
Et l'aubergiste-soldat menaçait le ciel de son arme, qui dépassait celles de ses voisins de deux pieds.
"Joignez la main gauche au mousquet." Mais, numéro treize de serre-file, vous ne savez donc pas encore, à votre âge, distinguer votre gauche de votre droite? s'écriait l'officier impatienté.
Quelques instants après, comme le capitaine allait commander le feu à ses hommes, qu'il venait de disperser en tirailleurs, le cri: "Tirez!" arrêta sur ses lèvres; car il s'aperçut que Boisdon avait laissé la baguette dans le canon de son arme, qui menaçait le capitaine, placé à vingt pas en avant de sa compagnie.
--Mille bombardes! s'écria-t-il, ne voyez-vous pas, numéro treize de serre-file, que vous n'avez pas retiré la baguette du canon de votre mousquet, et que vous alliez m'en percer? Mais n'avez-vous pas entendu le commandement: "Tirez la baguette et remettez-la en son lieu?......" Animal de bourgeois, ajouta-t-il en aparté.
En voyant le danger à courir, s'ils continuaient à se tenir au bout des mousquets, les badauds qui se tenaient en avant de la compagnie, s'en éloignèrent respectueusement.
Les miliciens firent feu de leurs cartouches blanches, et l'on procéda au rechargement des armes.
La voix vibrante du capitaine cria de nouveau: