Le premier de ceux qui le suivent n'est plus qu'à quelques pas de lui, lorsqu'il est arrêté par la palissade plantée sur le bord du roc. Un élan désespéré le porte sur le haut des pieux de la fortification.

Mais en retombant de l'autre côté, il se rencontre face à face avec un homme qui a franchi la palissade en même temps que lui.

C'est Bras-de-Fer.

--Place! lui dit Harthing, en armant son second pistolet.

Pierre a vu ce mouvement et se jette de côté au moment où le coup part. La balle effleure l'oreille du Canadien qui se précipite sur son ennemi. Celui-ci s'efforce de poignarder Bras-de-Fer.

Malheureusement pour ce dernier, l'étroit espace où a lieu la lutte étant inégal, il perd pied sur un accident du terrain et tombe à la renverse.

--Meurs donc, chien! crie l'Anglais qui porte un coup terrible à son adversaire.

Mais la rage aveugle de Harthing tourne au profit du Canadien; car le poignard mal dirigé ne fait que glisser sur ses côtes et labourer la chair qui les recouvre.

--Oh! satané gredin! s'écrie Bras-de-Fer, en renversant son ennemi sous lui; puis il le saisit d'une main par la nuque du cou, tandis que de l'autre il retient le bras droit de son ennemi, qui ne peut alors se servir de son arme. Et le Canadien se relève en tenant toujours Harthing au bout de ses bras puissants.

Celui-ci tente un dernier effort; il s'accroche les pieds à un tronc d'arbre et imprime une si violente secousse à son corps que le Canadien se sent glisser avec lui sur la pente rapide du cap.