--Dent-de-Loup! murmura Boisdon, stupéfait de reconnaître l'ancien prisonnier du château.

--Oui, Dent-de-Loup, qui te doit la liberté. Il ne l'a pas oublié; il t'apporte du métal rayonnant pour te l'offrir en retour d'un service qu'il va te demander. Mais le guerrier est seul au milieu de ses ennemis, et il exige un peu de sûreté, acheva le sauvage, qui jeta vers la porte un regard significatif.

La seule pensée de palper encore quelques pépites rendit toute sa confiance à l'avare, qui s'en alla verrouiller la porte et revint se placer en face de Dent-de-Loup.

--Que mon frère veuille bien m'écouter, fit le Chat-Rusé en montrant un siège à Boisdon, tandis qu'il en prenait un lui-même.

Boisdon redevint tout oreille.

--Dent-de-Loup a ramassé ces cailloux, dit le sauvage en montrant avec quelque dédain les pépites d'or qu'il tenait en sa main gauche, dans un vallon connu de lui seul.

Les yeux de l'avare se firent si grands, qu'il fallait tout le flegme d'un Iroquois pour ne pas éclater de rire.

Dent-de-Loup continua néanmoins avec impassibilité:

--Si mon frère aime tant ce métal que nous méprisons là-bas, il lui sera facile d'en remplir vingt fois ce tonneau d'eau-de-feu.

Et l'Agnier montra du doigt un baril qu'il y avait au fond de la salle.