—Je réponds de tout, dit Evrard, d'un ton d'autorité qui acheva d'en imposer au paysan.
Celui-ci sortit.
Marc aperçut la maîtresse du logis; il allait la prier d'éveiller Alice, mais la voix joyeuse de Lisette qu'il entendit en ce moment répondre à sa maîtresse, lui prouva que sa fiancée n'avait guère en ce moment plus sommeil que lui. Il se contenta de dire à la bonne femme qu'elle voulût bien aller demander à la jeune fille de se tenir prête à sortir sur les six heures et demie.
Il était près de sept heures lorsque Marc et Alice, suivis de leurs témoins, pénétrèrent dans la sacristie. Le curé qui passait sa chasuble et leur tournait le dos, ne les vit pas entrer. S'il les entendit, il ne leur prêta aucune attention. Evrard fit signe aux témoins de le suivre, et, tenant sa fiancé par la main, il s'approcha du prêtre aux pieds duquel il s'agenouilla en disant:
—Monsieur le curé, je prends mademoiselle Alice Cognard pour femme.
Avant que le curé—il s'était retourné tout surpris—n'eût eu le temps de dire un seul mot, Alice à qui Marc avait fait la leçon, s'cria à son tour:
—Monsieur le cure, je prends Monsieur Marc Evrard pour mari.
—Mais en vérité… en vérité…, mes enfants, qu'est-ce que cela veux dire? que me voulez vous? balbutia le curé ahuri.
—Je prends mademoiselle Alice Cognard pour femme, reprit Marc.
—Je prends Monsieur Marc Evrard pour mari, répéta la voix d'Alice.