—Tiens! pensa Marc Evrard, cela me sourit assez; il y aura peut-être quelque balle à recevoir de ce côté!
Et puis à voix haute:
—Quand ce mouvement doit-il s'effectuer?
—Sur le champ.
—C'est bien, reprit Marc en bouclant le ceinturon de son épée, veuillez dire au colonel, monsieur le major, que je pars à l'instant même et que je ferai mon devoir.
—Oh! quant à ça, personne n'en doute! répartit Ogden.
Comme Evrard sortait pour faire sonner l'appel, un coup de canon qui partait des hauteurs du faubourg Saint-Jean, lui fit lever la tête. Les assiégeant ouvraient le feu sur la ville.
Le général Montgomery avait profité des dernières ombres de la nuit pour faire élever une batterie de six canons en face de la porte Saint-Jean. Une seconde batterie de deux canons seulement s'élevait sur l'autre côté de la rivière Saint-Charles, tandis qu'une troisième composée de quatre pièces d'artillerie devait faire feu de la Pointe-Lévy.[11] Les assiégeants avaient en outre quelques obusiers d'un très-petit calibre.
[Note 11: Ces détails sont mentionnés dans le Journal de M. James Thompson qui, en 1775, était surveillant des Travaux Publics dans Département des Ingénieurs Royaux à Québec. C'est ce même M. Thompson qui présida aux travaux de défense de la capitale, lors du siège de 1775.]
C'était là tout le matériel de siège dont les Bostonnais pouvaient disposer pour bombarder Québec!