—Habillez-vous, poltron; votre ouvrage sera examiné par l'Institut.

Après l'idylle, la belle Lucrèce commençait la lecture d'une héroïde sur les amours de Sapho, lorsque la voix de Tullie annonça le citoyen Alcibiade.

Lucrèce ferma le livre et demanda vivement à son miroir si l'ennui n'avait pas dérangé ses beaux cheveux, dessinés par le célèbre coiffeur Amiel, d'après la tête de la Vénus capitoline, dernier présent du premier consul au Musée du Louvre.

La femme de chambre comprit cette réponse, et introduisit le citoyen
Alcibiade.

C'était un de ces beaux qui allaient se faire admirer par les dames romaines, au portique d'Octavie.

Seulement le citoyen Alcibiade s'éloignait, par le costume, de ses modèles antiques.

Son habit d'un vert exagéré, secouait deux fleuves de boutons de nacre sur un vaste gilet à ramages, ouvert à deux battants.

Son menton s'absorbait dans le gouffre d'une cravate aux noeuds vagabonds.

Deux chaînes de montres absentes flottaient à la ceinture de sa culotte de casimir chamois, et ses cheveux pétris de poudre, se divisaient en cadenettes sur les tempes, et se rejoignaient dans un rouleau massif, sous le collet de l'habit vert.

Type de la jeunesse bourgeoise de 1800, le citoyen Alcibiade avait adopté des manières alertes et fringantes, en opposition tranchée avec l'antique raideur monarchique, et le collet monté de l'OEil-de-Boeuf.