[Note 1: Non fecit taliter omni nationi PSALM.]
Ainsi, pour ne citer que le plus mémorable de ces exemples, lorsque Bonaparte, simple lieutenant, mieux inspiré que le général Dugommier, eut emporté d'assaut le fort du Petit-Gibraltar, la flotte anglaise, à l'ancre dans la rade de Toulon, s'attendit à être foudroyée par les batteries des républicains.
Une mer calme ôtait aux Anglais tout espoir de fuite, la rade allait être leur tombeau.
Au moment où les canons du Petit-Gibraltar se braquaient contre l'escadre ennemie dont les voiles dormaient sur les mâts, une brise de nord-ouest se leva sur les montagnes, et poussa les vaisseaux vers le goulet de la grosse tour, en les chassant après vers la haute mer.
On peut dire que le plus étonnant de tous ces miracles de brise a été fait en cette occasion décisive, et en faveur des Anglais.
L'Églé méritait cette faveur: elle avait des droits à la brise secourable, et le King-Georges, qui tenait ses formidables embarcations toutes prêtes, perdit ses boulets dans la mer, et en fut pour ses frais.
Par malheur, le vent qui sauve ressemble beaucoup au vent qui détruit; la bonne brise, toujours ambitieuse, devient tempête quelquefois.
On évite un vaisseau, on tombe dans un ouragan.
La fable de Carybde et Scylla est l'histoire de la mer.
Les passagers de l'Églé n'eurent pas le bonheur de former un club nocturne sur le pont, et de s'entretenir de tous les incidents qui avaient signalé leur rencontre avec le King-Georges.