Et que les grandes migrations septentrionales doivent un jour venir demander leur place à ces splendides festins servis par le soleil et l'Océan, ces deux intendants de Dieu.

Cela étant admis, on interroge les voyageurs, et non les préjugés, et on arrive à de consolants résultats sur la question spéciale qui nous occupe en ce moment.

La chaîne de montagnes qui se hérisse du nord au sud de Madagascar décrit un arc immense, de sorte qu'elle laisse, à ses deux extrémités, de vastes plaines et des bois touffus s'étendre, d'un côté, jusqu'au cap Marie, de l'autre, jusqu'à la baie de Diégo-Suarez.

Aux deux pointes de l'arc, les conditions atmosphériques doivent changer absolument de caractère, surtout vers la pointe nord.

Sur ces tièdes rivages, on ne retrouve plus ces pernicieux courants qui dégénèrent en eaux stagnantes et exhalent le poison et la mort; ce sont partout des terrains légèrement accidentés, recouverts de fleurs et d'arbres, avec les ombres tièdes, les eaux douces et les fruits doux.

C'est l'Afrique qui vient expirer mollement sous le péristyle de l'Inde.

Ce sont les fécondes haleines des archipels voisins et du golfe d'Oman, qui semblent accourir sur les mers pour enrichir l'homme ou réjouir le désert.

Ce sont de petits golfes, des baies recueillies, des ports vierges, qui ont déjà reçu des noms, en attendant des vaisseaux.

Diégo-Suarez, qui s'ouvre près du cap d'Ambre.

Le port Louquez; les baies de Vohemare, de Nosse, d'Ifonty, de Narrenda, et d'autres asiles que le navigateur dédaigneux a effleurés en les abandonnant après leur baptême équinoxial.