[56] Histoire de Bourgogne, à l’endroit cité.

[57] Spicilège de d’Achery, édit. in-fo, t. II, p. 411.

[58] On a cru jusqu’à ce jour que les Sarrazins avaient envoyé des détachemens d’un côté sur les bords de la Loire, auprès de Nevers, et de l’autre en Franche-Comté. D’après cette opinion, le monastère de Saint-Colomban, à Nevers, aurait été détruit. A Besançon, le clergé et la plus grande partie des moines auraient été mis à mort. Cette opinion n’a rien d’invraisemblable, surtout par rapport à la Franche-Comté, où plusieurs localités rappellent encore le nom Sarrazin. On a ajouté que l’abbaye de Luxeuil au pied des Vosges, avait été renversée, et les religieux, dirigés par saint Mellin, passés au fil de l’épée. Voy. le P. Lecointe, Annales ecclesiastici Francorum, t. IV, p. 728 et suiv., et 795 et suiv. Voyez aussi Mabillon, Annales Benedictini, t. II, p. 88, et Acta Sanctorum ordinis Sancti Benedicti, t. III, part. 1re, p. 527 et suiv.

D’après cette même opinion, les Sarrazins n’auraient rencontré d’obstacle sérieux que devant Sens. Cette ville avait alors pour évêque un ancien comte de Tonnerre, Ebbes ou Ebbon, que ses vertus ont fait ranger au nombre des saints. Voy. le recueil des Bollandistes, au 27 août. Aux approches des barbares, Ebbes s’occupa lui-même de préparer les moyens de défense. En vain les Sarrazins eurent recours aux machines employées à cette époque. L’évêque fit lancer du haut des murs des traits enflammés qui mirent le feu aux machines; en même tems il fit une sortie à la tête des habitans, et obligea les assaillans à prendre la fuite.

Mais aucun des témoignages sur lesquels se fonde cette opinion n’est contemporain, et dans aucun le mot sarrazin ni aucun des mots qui s’appliquaient alors aux disciples de Mahomet n’est prononcé. Il y est simplement question des Wandes, Vandales ou Gandales; et comme ces mots servirent plus tard à désigner les Hongrois qui, à l’exemple des anciens Vandales, dans la première moitié du dixième siècle, vinrent en France à travers l’Allemagne et dévastèrent successivement l’Alsace, la Lorraine, la Franche-Comté, la Bourgogne, la Champagne et presque tout le reste de la France, et que d’un autre côté pendant long-tems les auteurs de romans de chevalerie, et à leur exemple les chroniqueurs, se mirent sur le pied de placer sous les règnes de Charles-Martel, de Pepin et de Charlemagne, les principaux événemens de notre histoire antérieurs et postérieurs de plusieurs siècles, il nous paraît que les ravages commis par les Vandales et attribués par les bénédictins et les savans les plus éminens aux Sarrazins, doivent s’appliquer du moins en partie soit aux Hongrois, soit aux véritables Vandales. Ce qui explique comment des savans aussi respectables ont pu faire cette confusion, c’est que les écrits où les ravages d’un peuple quelconque appelé Wande ou Vandale sont racontés avec le plus de détail et de suite, tels que le Roman de Garin le Loherain, et l’Histoire de Hainaut, par Jacques de Guyse, n’ont été publiés que dans ces dernières années. Voy. ce que nous avons déjà dit à ce sujet dans l’introduction.

[59] قارله.

[60] Maccary, no 704, fol. 72 verso.

[61] Maccary, no 705, fol. 3 verso.

[62] Isidore de Beja, p. LVI, et Roderic Ximenès, p. 12.

[63] Conde, Historia, t. I, p. 83. Un auteur chrétien, le continuateur de Frédegaire, rapporte qu’Eudes avait non seulement fait alliance avec les Sarrazins, mais qu’il les appela en France. Ce récit, qui a été adopté par plusieurs écrivains anciens et modernes, paraît sans fondement. En effet, comme le remarque le P. Pagi, critique des Annales de Baronius, an. 732, no 1, le continuateur de Frédegaire écrivait sous l’influence de Childebrand, frère de Charles-Martel; et comme après la bataille de Poitiers, de nouvelles discussions d’intérêt s’élevèrent entre Eudes et Charles, il ne serait pas étonnant que les partisans eux-mêmes de Charles eussent donné naissance à un bruit pareil.