[64] Isidore de Beja, p. LVI; et Roderic Ximenès, p. 12.

[65] L’Aliscamp existe encore aujourd’hui; mais il a été dépouillé de la plupart de ses anciens monumens. Voy. la Statistique du département des Bouches-du-Rhône, t. II, p. 438. Si on en croyait la chronique attribuée à Turpin, le fait dont parle Roderic se serait passé sous Charlemagne, et ce qui est dit des chrétiens enterrés dans l’Aliscamp se rapporterait à une partie des guerriers français tués à Roncevaux. Voy. l’édition de cette chronique, par M. Ciampi, p. 83. D’un autre côté il existe un vieux poème français intitulé Poème de Guillaume au court nez, qui, supposant les Sarrazins maîtres sous Charlemagne de tout le midi de la France, fait livrer auprès d’Arles une grande bataille, où beaucoup de chrétiens furent tués. La partie du poème où il est question de cette bataille, porte le nom de Bataille d’Aleschans. Il y est dit que les chrétiens étaient commandés par les enfans et petits-enfans d’Aimeri de Narbonne. Guillaume, fils d’Aimeri, y courut plusieurs fois risque de perdre la vie; son neveu, Vivien, resta parmi les morts. Ce récit, qui nous a été indiqué par M. Paulin Paris, se trouve à la Bibliothèque du Roi, manuscrits de la Vallière, no 23.

[66] Voy. Maccary, manuscrits arabes de la Biblioth. roy., no 704, fol. 73, et le no 596, fol. 37. A l’égard du pont d’Arles, c’était peut-être le pont dont il est parlé dans ces vers d’Ausone:

Præcipitis Rhodani sic intercisa fluentis,
Ut mediam facias navali ponte plateam.
Per quem Romani commercia suscipis orbis. Voy. Ausone, Ordo nobilium urbium, VIII.

Il existe à Arles un grand nombre de traditions relatives à l’occupation du pays par les Sarrazins. M. Anibert, avocat d’Arles, publia, en 1779, une dissertation dans laquelle il prétendit que la montagne de Cordes, située aux environs de la ville, avait été ainsi appelée, parce que les Sarrazins, dont la capitale était Cordoue, s’y étaient établis, pour inquiéter de là tout le voisinage. On a également disputé au sujet de l’amphithéâtre d’Arles, et quelques personnes ont supposé que ce monument, étant contre l’ordinaire surmonté de tours, dont deux subsistent encore, ces tours avaient été élevées à l’époque où la ville, menacée par les Sarrazins, avait besoin de nouveaux moyens de défense. Ces questions n’étant pas encore éclaircies, et faute de témoignages contemporains, ne devant probablement l’être jamais, nous nous bornons à les indiquer.

[67] Isidore de Beja s’exprime ainsi: «Tunc Abderraman multitudine sui exercitus repletam prospiciens terram, montana Vaccæorum dissecans, et fretosa ut plana percalcans, terras Francorum intus experditat.» D’un autre côté on lit dans la chronique de l’Abbaye de Moissac: «Abderaman cum exercitu magno per Pampelonam et montes Pyreneos transiens, Burdigalem civitatem obsidet.»

[68] Gallia Christiana, t. I, p. 1149, 1192, 1244, 1247, 1261 et 1286. Bearn est une ancienne ville épiscopale dont le siége porta plus tard le nom de Lescar.

[69] Gallia Christiana, t. II, p. 858.

[70] Gallia Christiana, t. II, p. 881, et recueil de dom Bouquet, t. II, p. 454, 684, etc.

[71] Conde, Historia, t. I, p. 86.