Voy. Chorier, Estat politique de la province du Dauphiné, t. II, p. 69. On trouve dans le même ouvrage, t. II, p. 77, une deuxième charte, tirée du même cartulaire, et où il est parlé des terres qui furent concédées par Isarn à Rodolphe, chef de la maison des Aynard, en récompense de sa bravoure. Quant au cartulaire de Saint-Hugues, d’où ces deux chartes ont été tirées, voy. le Bulletin de la Société de l’Histoire de France, t. II, p. 294 et suiv.
Dans un débat qui eut lieu en 1094, entre saint Hugues, évêque de Grenoble, et Guy, archevêque de Vienne, au sujet de la possession du prieuré de Saint-Donat et d’un autre canton, il fut reconnu de part et d’autre que, sous Isarn, les païens, c’est-à-dire les Sarrazins, avaient occupé Grenoble, et que pendant tout ce tems le prélat avait résidé à Saint-Donat. Seulement Guy prétendait que c’était de l’archevêque de Vienne d’alors qu’Isarn avait reçu ce prieuré comme lieu d’asile, tandis que saint Hugues faisait voir que la donation du prieuré remontait à l’an 879, époque où Boson, roi de Provence, le donna à l’église de Grenoble.
Ce qui, pour les modernes, avait embrouillé la question, c’est, d’une part, que tous les documens écrits relatifs à l’occupation de Grenoble par les Sarrazins, désignent ces barbares par le mot vague de païens, et que, de l’autre, l’inscription de Saint-Donat était restée inconnue jusqu’à ces derniers tems. De là beaucoup de personnes, d’ailleurs instruites, pensaient que les Sarrazins n’avaient pas cessé d’occuper une partie plus ou moins considérable du diocèse de Grenoble, depuis Charles-Martel jusqu’à l’époque dont nous parlons. Voy. la Statistique du département de la Drôme, par M. de Lacroix, 2e édit., Valence, 1835, in-4o, p. 72 et 78. D’autres personnes au contraire étaient persuadées que les Sarrazins n’avaient jamais mis les pieds dans le pays. Voy. l’Histoire de Grenoble, par M. Pilot, Grenoble, 1829, un vol. in-8o. Dom Brial qui, dans le t. XIV du recueil des Historiens de France, p. 757 et suiv., a rapporté les pièces du débat entre saint Hugues et Guy, archevêque de Vienne, ne s’est pas douté que, sous le nom de païens, il s’agissait des disciples de Mahomet; et le recueil tout entier ne renferme pas un seul mot sur l’occupation du diocèse de Grenoble par les mahométans.
[270] Witikind, dans le recueil de Meibom, Scriptores rerum germanicarum, t. I, p. 661.
[271] Pons Ursarii. Voy. le recueil de dom Bouquet, t. IX, p. 126 et 127. Le passage d’Orcières existe encore aujourd’hui. Personne jusqu’ici ne s’était fait une idée exacte de l’itinéraire de saint Mayeul; ce n’est que depuis la construction de la carte de Cassini, qu’on a pu étudier en détail la géographie de la France. En général, les cartes qui accompagnent les ouvrages des Bénédictins, d’ailleurs si estimables, sont défectueuses.
[272] Valeur intrinsèque, ou environ sept cent mille francs, valeur commerciale. Voy. ci-devant, p. [192] et le recueil de dom Bouquet, t. VIII, p. 239 et 240. On peut aussi consulter le recueil des Bollandistes, au 11 mai.
[273] Voy. le 2e livre des rois, ch. XXII, vers. 5.
[274] On peut consulter sur l’opinion que les musulmans ont d’Ismaël, de Jésus-Christ et de Mahomet, nos Monumens arabes, persans et turcs, t. I et II.
[275] Beuvon a été rangé au nombre des saints. Voy. sa vie dans le recueil des Bollandistes, au 22 mai. Le lieu où naquit le saint et où eurent lieu ses exploits, était resté jusqu’ici inconnu, et on l’avait confondu avec le Fraxinet. On n’avait pas fait attention qu’aux environs de Sisteron, est encore un lieu appelé Fraissinie. Les détails de localité qu’on vient de lire nous ont été fournis par M. de Laplane, ancien sous-préfet. M. de Laplane est de Sisteron même, et il a fait une étude particulière de notre histoire, au moyen-âge. Voy. d’ailleurs Bouche, t. I, p. 240.
[276] Bouche, Histoire de Provence, t. II, p. 44.