[277] Recueil de dom Bouquet, t. VIII, p. 240.
[278] La Provence elle-même faisait partie du royaume de Bourgogne; celui qui régnait en ce moment était Conrad, dit le Pacifique, dont il a déjà été parlé.
[279] Bouche, Histoire de Provence, t. II, p. 42.
[280] Voy. le recueil des Historiens de France, t. IX, p. 127. Il est probable que plus d’un Sarrazin, profitant de la voie de la mer, s’étaient réfugiés en Espagne, en Sicile et sur les côtes d’Afrique. Si on en croyait d’Herbelot, Bibliothèque orientale, au mot moezz, et Cardonne, Histoire des Maures d’Afrique, t. II, p. 82, les Sarrazins auraient été également maîtres, à cette époque, de l’île de Sardaigne, et, en 970, le khalife Moezz, dont les armées venaient de conquérir l’Égypte, aurait passé une année dans l’île avant de se rendre dans ses nouveaux états. Le fait de l’occupation de la Sardaigne par les Sarrazins a été admis par M. Mimaut, Histoire de Sardaigne, t. I, p. 93; mais ce fait est sans fondement, et l’historien arabe, Novayry, sur le témoignage duquel d’Herbelot et Cardonne s’étaient fondés, dit seulement que Moezz, avant de partir pour l’Égypte, passa un an dans le château de plaisance appelé Sardanya, qui était situé en Afrique, aux environs de Cayroan. Voyez le recueil des Notices et extraits des manuscrits, t. XII, p. 483. Delbène, De regno Burgundiæ, p. 146, suppose également que les Sarrazins étaient maîtres de la Sardaigne et même de la Corse. Il y fait apparaître un chef appelé Musectus ou Muget, contre lequel, suivant lui, le comte de Provence dirigea une expédition, de concert avec les Génois et les Pisans. Delbène veut parler d’un chef sarrazin d’Espagne, qui, en effet, envahit la Sardaigne, et contre lequel eurent à se défendre les Pisans; mais ce chef, que les Arabes appellent Modjahed, ne parut sur la scène que plus de trente ans après. Il en sera question plus tard.
[281] Bouche, Histoire de Provence, t. II, p. 42, a rapporté une charte datée de l’an 980, par laquelle Guillaume accorde à Gibelin de Grimaldi le golfe de Grimaud. Papon, Histoire de Provence, t. II, p. 171, a contesté l’authenticité de cette charte; mais ses raisonnemens contre le fait en lui-même ne nous ont point paru concluans.
[282] Voy. Millin, Voyage dans les départemens du midi de la France, t. III, p. 54.
[283] Voy. le Gallia Christiana, t. I, p. 425, et instrum. p. 82.
[284] Il nous reste à ce sujet un passage curieux d’une charte datée de l’année 993, qui a été publiée par dom Martenne, Amplissima Collectio, t. I, p. 349. Ce passage est relatif à une querelle qui s’était élevée entre Guillaume, vicomte de Marseille, et un seigneur appelé Pons de Fos: «Cum gens pagana fuisset è finibus suis, videlicet de Fraxineto, expulsa, et terra Tolonensis cœpisset vestiri et a cultoribus coli, unusquisque secundum propriam virtutem rapiebat terram, transgrediens terminos ad suam possessionem. Quapropter illi qui potentiores videbantur esse, altercatione facta, impingebant se ad invicem, rapientes terram ad posse, videlicet Willelmus vicecomes, et Pontius de Fossis. Qui Pontius pergens ad comitem, dixit ei: Domne comes, ecce terra soluta est a vinculo paganæ gentis; tradita est in manu tua donatione regis: ideo rogamus ut pergas illuc et mittas terminos inter oppida et castra et terram sanctuariam; nam tuæ potestatis est terminare et unicuique distribuere quantum tibi placitum fuerit. Quod ille, ut audivit, concessit; et continuo ascendens in suis equis perrexit. Cumque fuisset infrà fines cathedræ villæ, cœpit inquirere nomina montium, et concava vallium et aquarum et fontium.»
[285] En effet, après avoir conduit les Sarrazins jusqu’à l’extrémité des Alpes, les chroniques contemporaines, à la vérité très-défectueuses, les font revenir peu à peu vers les côtes d’où ils étaient partis. S’il était resté quelques bandes sarrazines dans les Alpes, on doit croire qu’elles avaient mis bas les armes et embrassé le christianisme, ou qu’elles avaient été réduites à l’état de serfs. Néanmoins Delbène, de regno Burgundiæ, p. 169 et 187, suppose les Sarrazins encore établis dans les Alpes, après l’an 980 et même après l’an 1000, et il fait remporter sur eux les succès les plus merveilleux à un personnage d’origine saxonne, qu’il appelle Geroldus, Guillaume-Géraud ou Béraud, et dont nous avons déjà parlé; mais Delbène aurait dû citer à l’appui quelque témoignage authentique; d’ailleurs Guillaume-Géraud eût été alors trop jeune pour combattre les barbares. On ne peut se fier au témoignage de Delbène.
[286] Maccary, man. arab., no 704, fol. 98 et suiv.