—Achèveras-tu? cria Ta-Kiang.

—Je n'ai pas tiré un seul liang de cette ceinture, continua Ko-Li-Tsin; ne la refuse pas, car l'argent est utile pour voyager au loin.

—Tu pouvais m'épargner le récit, dit Ta-Kiang en acceptant la ceinture.

Yo-Men-Li, timidement, reprit la parole.

—Je ne possède qu'une bien faible somme, murmura-t-elle. Depuis longtemps je l'amassais; elle était destinée à acheter mes habits de noces; mais maintenant je ne me marie plus. Si Ta-Kiang daigne la recevoir des mains de sa servante, Yo-Men-Li sera très-heureuse.

Elle versa une petite poignée d'or dans la main de celui qui avait été son fiancé. Ta-Kiang cria:

—Partons!

Les trois aventuriers se mirent en marche. Ils se dirigèrent silencieusement vers une colline lointaine au delà de laquelle passe la route qui conduit à Pey-Tsin. La lune, large et claire, montait à l'horizon. Derrière Ta-Kiang, l'ombre démesurée d'un dragon s'étendait d'un bout à l'autre de la plaine, comme si elle avait voulu embrasser le monde de ses grandes ailes éployées.


[CHAPITRE II]