—Voici un homme trop éloquent, dit le religieux, qui cette fois n'avait pas reconnu l'orateur.

Il entra sous la porte de la Ville Jaune, et en passant devant le pavillon des soldats tartares il y frappa.

—Traîtres! leur dit-il, que faites-vous donc là, inutiles, insoucieux et couchés comme des bœufs qui attendent le coup de massue du boucher?

—Que veux-tu que nous fassions? dit un jeune guerrier qui pariait des liangs d'or au jeu de la mourre. Le Maître est parti; nous n'avons pas d'ordres.

—Vous en aurez bientôt, dit l'homme en s'éloignant.

La Ville Jaune était absolument déserte; tous les nobles, les riches et les dignitaires, pleins d'épouvante, se cachaient dans leurs palais et s'y fortifiaient. Quelques Tao-Sées seulement apparaissaient en groupes et s'entretenaient d'un air sournois.

Le religieux atteignit la porte méridionale de la Ville Rouge et demanda passage.

—Personne n'entre, dit la sentinelle.

—Comment, tête de bœuf, je n'entre pas?

—Personne n'entre, répéta le soldat.