Mais le prince Ling, d'un élan furieux et irrésistible, fendit le flot hurlant des soldats et se précipita dans la mêlée.
—Où es-tu? cria-t-il, grinçant des dents. Où es-tu, désastre, typhon, nuage pestilentiel? Tu as fini de triompher, serpent vorace, car me voici, formidable et vengeur. Viens, mes dents aiguisées par la haine vont dévorer ton foie venimeux.
—Qui es-tu, vermisseau courroucé? dit Ta-Kiang avec dédain.
—Je suis celui qui te châtiera, cria le prince; je suis le fils du Dragon!
—Tu mens! car tu n'es pas mon fils!
—Allons! hurla l'Héritier du Ciel, descends de cheval et viens me combattre si tu l'oses.
—Puisque tu tiens à mourir de ma main, dit Ta-Kiang, je descendrai de cheval.
Et il sauta à terre.
—C'est lui qu'elle aime, murmurait le prince; c'est à cause de lui qu'elle me dédaigne et que mon cœur se tord comme une couleuvre blessée.
La bataille s'écarta autour des deux adversaires, qui, face à face, se considérèrent.