Et il se remit à songer.

—Deux! cria-t-il, après un long temps. Le second vers vibre dans mon esprit. Eh bien! personne ne tombe?

Et le poëte faisant un pas brusque en avant, perça à la fois de ses glaives deux des Tartares.

—Ah! ah! dit-il, cette fois mon esprit est en retard.

Mais il courait un grand péril. Pendant que ses sabres étaient engagés dans les blessures, le dernier adversaire se ruait sur lui dangereusement. D'un violent coup de pied, Ko-Li-Tsin le fit rouler à terre, et pendant que le soldat furieux se relevait, il dégagea ses glaives, et, terminant son troisième vers:

—Trois! dit-il, j'ai rattrapé le temps perdu.

Et il se remit à batailler sans colère avec le dernier vivant.

—Tu penses bien, lui dit-il, que je n'ai plus besoin de me presser, et que je vais prendre tout mon temps pour inventer la fin de mon poëme. Tiens, je te piquerai à chaque caractère qui s'épanouira dans mon cerveau ingénieux; le vers sera de sept caractères; ainsi, à chaque coup, tu sauras exactement où j'en serai.

Le soldat rugissait et se démenait désespérément.

—Voyons, dit le poëte, connais-tu ce caractère?