De la pointe d'un sabre il lui grava sur le front un signe sanglant.

—Non, continua-t-il. Je suis sûr que tu ne sais même pas tracer ton nom. Tu ne mérites aucune estime. Voici le second, ajouta-t-il.

Il lui abattit une oreille.

Le soldat, épouvanté, commençait à reculer.

—Allons! reprit Ko-Li-Tsin, je suis clément et je te fais grâce de quatre mots: voici le dernier.

Et il lui plongea son glaive dans le cœur.

—Mon poëme est terminé! s'écria-t-il alors en levant les bras. O belle Tsi-Tsi-Ka, fleur de mon triste jardin! tu es à moi; tu n'appartiendras à aucun époux, et, après ma mort, tes larmes féconderont ma tombe!

Mais tout à coup, pendant qu'il se livrait à sa joie mélancolique, une femme se précipita dans ses bras avec un cri d'épouvante. C'était Yu-Tchin. Elle avait suivi le poëte durant tout le combat, tremblante et pleine d'effroi, mais bravant la mort pour ne pas quitter celui qu'elle aimait.

—Ko-Li-Tsin! s'écria-t-elle, pâlissante et renversant sa tête en arrière.

Le poëte poussa un gémissement douloureux, car il vit que Yu-Tchin avait le corps traversé d'une flèche.