Mais ton cœur n'a-t-il pas perdu quelque chose de sa tranquillité? As-tu toujours la gaîté des jeunes tourterelles qui n'ont pas encore construit leur nid? (Siao-Man se recule vivement.) Ne me fuis pas, jeune fille, je t'en conjure; écoute encore un instant. Je puis me comparer à un ramier dont les ailes sont entravées par un réseau de soie. Est-ce toi, dis, qui as tendu le doux piège où s'est prise ma liberté?
(Siao-Man, toute tremblante, secoue la tête.)
Je dois me taire alors; j'ai trop parlé déjà! J'ai peut-être dévoilé le secret de celle qui pense à moi. Je ne sais pourquoi, j'aurais voulu que tu fusses celle-là!
(On entend venir Fan-Sou.—Siao-Man effrayée fait signe à Pé-Min-Tchon de s'éloigner. Il rentre précipitamment dans la pagode; pas assez vite pour que Fan-Sou ne l'ait pas aperçu.)
SCÈNE V
FAN-SOU, SIAO-MAN
FAN-SOU, regardant la porte de la pagode.
Ah! (regardant Siao-Man qui s'embarrasse.) Ah! (Elle fait un salut.) Très bien! (Tout à coup elle se met à crier.) Au Secours! au secours! Qu'on amène un médecin: ma maîtresse est devenue folle! La voilà qui parle avec un homme! sur la place publique! la nuit!
SIAO-MAN, arrêtant Fan-Sou.