Il n'était pas très ivre, et il alla offrir à M. Oldham ses services. Il était trop tard. Mais comme il indiquait que j'étais à lui, M. Oldham lui dit:
Ah! vous êtes le maître de cette intelligente bête. Alors venez donc à l'Hôtel Victoria et demandez M. John Harlwick, directeur du Grand Cirque des Deux Mondes, il est possible qu'il ait à vous parler.
Et M. Oldham s'éloigna avec les chariots chargés de bagages.
Moukounji ne songea pas d'abord à aller voir M. John Harlwick; il ne comprenait pas ce que pouvait lui vouloir le directeur du Grand Cirque des Deux Mondes; mais le hasard, sans doute, fit que, pendant deux jours, le travail nous manqua presque et nous dûmes à peu près jeûner. C'est alors qu'il se rappela l'invitation de M. Oldham. Il pensa que M. John Harlwick, s'il n'avait rien de sérieux à lui proposer, s'apitoierait tout au moins sur son sort et lui donnerait quelque aumône. Il me recommanda—et c'était une recommandation bien superflue—la sagesse et la patience, et il se rendit à l'Hôtel Victoria.
[Chapitre XXVI]
LE GRAND CIRQUE DES DEUX MONDES
Au bout d'une heure environ, Moukounji revint. Il était tout joyeux, il gambadait et chantait, et quand il fut près de moi, il m'embrassa la trompe et il me parla: