Il sortait. D'un sac qu'on m'avait attaché aux reins, je tirais, toujours avec ma trompe, une paire d'énormes lunettes, je les assurais devant mes yeux; puis je prenais un journal, et faisais comme si je lisais—alors, je ne savais pas encore vraiment lire.—Peu à peu, M. Oldham ne revenant pas, je simulais l'impatience; de nouveau je sonnais, et M. Oldham accourait:
—On vous sert, monsieur Éléphant.
Il disparaissait. Deux fois encore je sonnais, et deux fois M. Oldham me criait:
—On vous sert, monsieur Éléphant.
Sans jamais rien m'apporter.
La troisième fois enfin, il me servait un plat: c'étaient quelques pains et je les avais rapidement engloutis. Je sonnais. M. Oldham venait, et je lui marquais que je voulais un second plat. Au bout d'un long temps, il m'apportait des légumes qui étaient aussi vite mangés que les pains. Je demandais un troisième plat, et cette fois, j'avais des fruits, des gâteaux et une bouteille de champagne dont je faisais bruyamment sauter le bouchon.
Pour la dernière fois je sonnais, et je faisais signe que je voulais la note. Sans tarder, maintenant, M. Oldham m'apportait un long morceau de papier. Je remettais mes lunettes,—je les avais ôtées pour manger, je regardais le papier, et je poussais un sonore grognement d'indignation. M. Oldham tombait, comme de peur, et, par une culbute, se relevait et il criait:
—Qu'est-ce que vous avez, monsieur Éléphant?
Je témoignais de mon mécontentement en me levant et en piétinant la note.
—Vous la trouvez trop élevée?