—C'est bien, criait M. Trick, en prison, monsieur Éléphant.
—En prison! répétait M. Trock.
A cette menace, l'air confus, je tirais de mon sac des morceaux de papier simulant des bank-notes et je m'en allais, tandis que M. Oldham et MM. Trick et Trock se réjouissaient par une danse extravagante.
Cette scène amusait fort le public, qui, chaque soir, me rappelait au moins trois fois. Mais moi, je me sentais humilié de jouer un rôle comique,—de faire presque le clown.
Je vécus ainsi plusieurs années; quand dans une ville les recettes baissaient, M. Harlwick se transportait dans une autre. De Calcutta, nous allâmes à Chandernagor, de Chandernagor à Patna, puis je vis Bénarès, Allahabad, Delhi, que sais-je encore?
J'aurais pu ne pas être très malheureux; j'avais su me faire respecter de ceux qui tout d'abord avaient essayé de me taquiner. M. Oldham était fier de son élève, et l'aimait; Moukounji était toujours le brave homme qui m'avait recueilli, et mes quatre amies, Annie, que je protégeais souvent contre les brutalités de sa mère, Circé Nightingale, Sarah Skipton et Clary Morley étaient pleines de prévenances pour moi et me gâtaient sans cesse. Mais hélas! je songeais à ma belle vie d'autrefois, si calme et si joyeuse, et je songeais à Parvati, qui souffrait peut-être, et que j'aurais pu défendre. M'avait-elle oublié? Ou, si elle pensait à moi, ne m'accusait-elle pas d'ingratitude? Et n'avais-je pas, en effet, été un ingrat, de la quitter ainsi, bassement jaloux? Aussi, malgré les soins dont on m'entourait, j'étais toujours bien triste.